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Afrique

Internet est coupé au Togo

Des milliers de Togolais sont à nouveau descendus dans les rues de Lomé et d'autres villes du pays. Mais sans Internet et parfois aussi sans ligne téléphonique, difficile de communiquer et de transmettre l'information.

Écouter l'audio 04:24

"Ce n’est pas du tout normal qu’on perturbe Internet quelle que soit la situation.“ (Koffi Inoussa Ayibo)

C’est depuis les premières heures de la matinée de mercredi que les usagers d’internet ont constaté la coupure par certains opérateurs de téléphonie mobile, à l’exception de Standard Café. Joints par notre rédaction, les responsables de cette compagnie ont confirmé avoir emboîté le pas aux autres.

Conséquence : certains habitants de Lomé sont obligés de se rapprocher de la frontière avec la Ghana et du Bénin pour avoir accès à une connexion. A en croire Koffi Inoussa Ayibo, président d’Internet sans frontières Togo, "ce n’est pas du tout normal qu’on perturbe Internet quelle que soit la situation. Surtout en cette période. Par expérience, à chaque fois qu’il  y a coupure d’Internet lors des manifestations, ça veut dire que les autorités sont prêtes à utiliser la violence sur la population. Les citoyens utilisent Internet pour communiquer avec leurs familles, pour travailler et évidemment pour envoyer des photos, des informations en cas de manifestations. Il ferait mieux de libérer Internet parce que le bloquer donne un mauvais signal sur le gouvernement."

Les autorités demeurent mutiques

Les autorités togolaises n’ont pas donné les raisons officielles de cette coupure d’Internet. Interrogé en juin 2016 par  la Deutsche Welle lors d’une visite officielle à Berlin, le président Faure Gnassingbé semblait pourtant écarter cette éventualité:

"Nos Etats sont quand même fragiles, il faut reconnaitre cela", avait-il déclaré. "Et les périodes électorales sont des périodes d’incertitudes dans nos pays. Alors, il faut toujours pouvoir raison-garder. Nous avons une stratégie, c’est de tout faire pour dialoguer et parvenir à un minimum de consensus. On n’y arrive pas toujours. On est en retard. Mais on essaie plutôt cette voie-là. Parce que nous avons notre histoire. Je ne pense pas que fermer les réseaux soit efficace. Parce que nous sommes quand même une société de tradition orale. Donc, vous avez beau fermer Internet, les rumeurs peuvent circuler et aller très vite."

 "Bring back our internet #Togo"

Face à cette situation, plusieurs hashtags, dont "Bring back our internet #Togo", ont vu le jour. Des internautes togolais réclament le retablissement des réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, qui restaient accessibles par intermittence via wifi à Lomé. Dans un communiqué publié hier, l'organisation Internet Sans Frontière, a condamné "avec la plus grande fermeté cette atteinte à la liberté d'expression en ligne des citoyens togolais", demandant aux autorités "d'user des voies conformes au droit international pour assurer un équilibre entre la protection des libertés, notamment la liberté d'expression, et la préservation de l'ordre public".


Avant le Togo, plusieurs autres pays africains ont procédé à des coupures du réseau Internet. Au Congo Brazzaville en 2015, au Tchad pendant l’élection présidentielle du 10 avril 2016, en RDC lors des manifestations de la société civile et de l’opposition. L'Ethiopie bloque régulièrement l'accès à Internet. La dernière coupure date du mois de mai dernier.

Démonstration de force de l'opposition

Selon des témoins, une foule massive a de nouveau répondu à l'appel de l'opposition réunie au sein de la coalition de cinq partis Cap 2015, le Groupe des six et le Parti National Panafricain - PNP, rejoints par plusieurs autres petits partis politiques dans les rues de Lomé et dans d'autres villes du Togo.

Au deuxième jour, les manifestants continuent de  réclamer une alternance politique au sommet de l'Etat et des réformes constitutionnelles et institutionnelles, notamment la limitation du mandat présidentiel et scrutin à deux tours. Utilisant des sifflets et brandissant des drapeaux du Togo, les manifestants ont marché dans le calme. A un certain moment du parcours, les manifestants ont  convergé vers la présidence togolaise, avant d'être bloqués par les forces de l'ordre au niveau du rond-point de la Paix, scandant "Libérez, libérez le Togo!", au lieu de se diriger vers le point de rendez-vous convenu avec les autorités. Selon l'agence France presse, une banderole déployée face aux hommes en armes demandait aux "soldats, policiers et gendarmes de faire allégeance au peuple", sous une fine pluie.
"Nous ne bougerons plus d'ici", a lancé un manifestant, Edem Agbogbo. "Nous attendons le feu vert de nos leaders pour forcer le passage".
Au moins  100.000  personnes ont manifesté mercredi, selon Amnesty International, un million selon des opposants.  

Geste d’apaisement

Mardi dernier, la veille des manifestations de l’opposition, le gouvernement avait tenté de joué l'apaisement en annonçant une réforme constitutionnelle concernant la "limitation des mandats et le mode de scrutin". Mais cela n’a pas réussi à calmer les ardeurs des opposants qui ne croient plus en la sincérité du pouvoir.

     

 

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