Immigration : l′empreinte de Berlin | Allemagne | DW | 21.09.2009
  1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Allemagne

Immigration : l'empreinte de Berlin

Depuis quatre ans, l'Allemagne n'a cessé d'accroître son influence sur la politique européenne d'immigration, à tel point que certains experts évoquent une "Germanisation" de ce dossier

Le ministre de l'Intérieur allemand, Wolfgang Schaeuble, en discussion avec Brice Hortefeux, alors ministre français de l'Immigration, lors du Conseil européen de septembre 2008

Le ministre de l'Intérieur allemand, Wolfgang Schaeuble, en discussion avec Brice Hortefeux, alors ministre français de l'Immigration, lors du Conseil européen de septembre 2008

A six jours des élections législatives en Allemagne, quel bilan dresser de la politique d'immigration promue par Berlin en Europe ? Car si on veut comprendre la politique conduite par un pays, il ne suffit pas d'analyser la scène intérieure. Il est aussi souvent utile de se tourner vers Bruxelles, mirroir grossissant des choix politiques que chaque pays souhaite promouvoir au niveau européen. Pour ce qui concerne l'Allemagne, cela est particulièrement vrai en matière d'immigration. Depuis quatre ans, l'impact de l'Allemagne est tel qu'on parle désormais d'une "Germanisation de la politique européenne en matière d'immigration."

Tout se passe en effet comme si Berlin donnait aujourd’hui le "La" de la politique européenne. Cela est particulièrement vrai au Parlement européen si on prend deux exemples précis : la Directive retour et la Directive Carte Bleue, toutes deux votées l'année dernière. La première, la directive Retour, a été présentée par un eurodéputé allemand, Manfred Weber, et elle est très controversée car elle organise le retour dans leur pays d'origine des immigrés en situation illégale. Très controversée aussi car elle prévoit un délai de rétention de 6 mois maximum. Mais cette durée peut-être étendue à dix-huit mois dans des cas particuliers, en cas de non coopération par exemple de la personne qui a été interpellée en situation irrégulière. Or, ce double délai 6 mois - 18 mois correspond exactement à celui qui existe en Allemagne et qui a donc été promu au niveau européen.

Espace sans frontières

" Au cours des dernières années, le gouvernement allemand a eu une influence croissante en matière de politique migratoire en Europe ", confirme Manfred Weber, l’eurodéputé à l’origine de la directive retour. " L'Allemagne a un grand intérêt à mettre en place une politique coordonnée dans ce domaine. Un exemple concret a été bien sûr la directive Retour. L'Allemagne souhaitait que les immigrés entrés illégalement en Europe soient reconduits de manière conséquente chez eux. Car avec Schengen, nous vivons désormais dans un espace sans frontières. "

Enfin, la Directive Carte bleue qui organise l'immigration légale de personnes hautement qualifiées a aussi été présentée par une eurodéputée allemande : Ewa Klamt. C'est donc une vision très allemande et chrétienne-démocrate qui est promue au niveau européen dans ce dossier de l'immigration. Ceci particulièrement vrai au Parlement européen où les eurodéputés allemands, parce qu'ils sont nombreux et parce qu'ils sont engagés, pèsent sans conteste d’un poids particulier.