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Vu d'Allemagne

Immigration et vache à lait

Suite au sommet organisé hier à Stuttgart sur la politique d’immigration, les éditorialistes reviennent sur l’accueil des migrants et demandeurs d’asile en Allemagne et les tensions avec les producteurs de lait français.

Le laid du lait

Le laid du lait

La tageszeitung rappelle les termes de la discussion au sein des partis de gouvernement. Le SPD propose à la CDU de réclamer que davantage d’états figurent sur la liste des « pays sûrs », ces pays dont les ressortissants voient leur demande d’asile refusée rapidement parce qu’on estime qu’ils n’y sont pas victimes de persécutions. La taz publie un reportage en ex-Allemagne de l’Est, dans des régions défavorisées où les demandeurs d’asile sont perçus comme une menace par la population.

Durcir les règles d'obtention de l'asile

L’objectif du ministre-président du Bade-Wurtemberg organisateur de la rencontre de Stuttgart est de limiter l’afflux de demandeurs d’asile, en facilitant notamment les expulsions. C’est ce qu’on peut lire en manchette de la Süddeutsche Zeitung qui rappelle toutefois que par le passé c’est l’Allemagne qui a appelé à maintes reprises la main d’œuvre immigrée. Le quotidien juge, par ailleurs, que toutes les mesures prises jusqu’à présent pour mener la vie dure aux demandeurs d’asile ont échoué.

La posture de l'Allemagne vis-à-vis des réfugiés est critiquée par des militants de gauche

La posture de l'Allemagne vis-à-vis des réfugiés est critiquée par des militants de gauche

La SZ résume ainsi la situation : à côté d’une porte sur laquelle est inscrit le mot « asile » doit se trouver une autre porte ouverte sur laquelle on peut lire « immigration ». Afin que les personnes qui arrivent ne se bousculent pas inutilement pour demander un asile auquel elles n’ont pas droit, et pour que l’Allemagne voit enfin dans les immigrés non pas des « dérangeurs », mais de nouveaux citoyens.

Désormais, les demandeurs d’asile sont abrités dans des tentes. Des images que l’on avait plutôt l’habitude de voir dans les régions de crise du Proche-Orient, d’Asie mineure ou d’Afrique, note la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le journal relève le défi financier que l‘arrivée de nombreux immigrés pose aux communes et aux régions du pays, incapable de prévoir avec exactitude combien de personnes arriveront quand. La FAZ reconnaît que les responsables politiques tentent de trouver des solutions praticables, mais elle prévient que le climat risque fort de se détériorer en Allemagne aussi. Alors le quotidien préconise une fois encore d’agir politiquement à la racine des conflits, dans les pays d’émigration. Même si cela ne permettra pas de soulager à court terme les communes allemandes débordées.

La faute aux paysans ?

Commentaire assassin dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, suite au blocage des frontières avec l’Allemagne et l’Espagne par des paysans français en colère qui dénoncent le « dumping salarial » pratiqué par les exploitants allemands et espagnols.

La concurrence entre producteurs, un argument bidon ?

La concurrence entre producteurs, un argument bidon ?

La FAZ y voit la marque de leur décalage flagrant avec la réalité du marché agricole européen. Le journal critique le mode de subvention directe dont bénéficient toujours les producteurs de lait et de viande français qui refusent, selon la FAZ, de voir la réalité en face : la prépondérance des grands groupes industriels de l’agro-alimentaire et le fait que la plupart des consommateurs veulent avant tout des produits pas chers, même s’ils proviennent de contrées lointaines. Et c’est ainsi, conclut le journal, que des produits locaux qui ne sont pas compétitifs pourrissent dans les rayons.

La tageszeitung se demande si « c’est la faute des paysans allemands ? ». Le journal s’est entretenu avec un membre du syndicat FNSEA qui participe au mouvement en Alsace et explique que les coûts de production et les normes environnementales sont plus stricts en France, ce qui rend les agriculteurs français moins compétitifs. Un point de vue contrebalancé par un autre syndicat, plus écologiste, la Confédération paysanne qui estime de son côté que la faute ne revient pas aux producteurs allemands mais à la politique agricole européenne. Bruxelles a permis les excédents de lait. Or l’embargo édicté par la Russie sur les importations européennes et la conjoncture défavorable en Chine auraient précipité l’afflux de produits allemands en France.

La tageszeitung souligne que le modèle social français, avec son salaire mininum, pèse sur les coûts de production. Et pose LA question à laquelle, selon lui, les Européens doivent répondre d’urgence : soit ils sont prêts à plier devant les exigences de la concurrence et revoient les minima sociaux à baisse, soit ils défendent ensemble les acquis sociaux. Inutile donc, selon la taz, de réduire le mouvement des producteurs français, bien que vilainement nationaliste sous certains aspects, à la défense égoïste d’un simple pré carré.

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