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Vu d'Allemagne

Il y a 25 ans: les émeutes xénophobes de Rostock

Il y a 25 ans débutaient dans la ville de Rostock, en ex-RDA, des émeutes contre des demandeurs d'asile. Ces violences orchestrées par des groupes d'extrême-droite s'en sont pris à des centaines de réfugiés.

Écouter l'audio 02:03

"Le racisme n'est pas toléré" (Dominik Grillmayer, politologue)

Du 22 au 26 août 1992, plusieurs milliers de personnes, militants ou sympathisants d'extrême-droite manifestent leur colère face à la présence de demandeurs d'asile à Rostock, dans le nord-est de l'Allemagne.

Cette ville de la mer Baltique est pendant quatre jours le théâtre d'un déversement de haine et de violences de groupes néonazis à l'encontre des réfugiés. Dans le quartier de Lichtenhagen, un immeuble abritant des centaines de demandeurs d'asile vietnamiens est pris pour cible. Les groupes néonazis, mais aussi des habitants, jettent des pierres et des cocktails Molotov sur le bâtiment, en criant des propos ouvertement racistes:

"Nous n'avons pas de travail et nous devons nous débrouiller avec peu d'argent. Et eux, ils viennent tout grappiller. Ils doivent partir, qu'ils s'en aillent!"

"Ils reçoivent l'argent de l'Etat et vont se saouler avec!"

"L'Allemagne aux Allemands, les étrangers dehors" : c'est aussi un des slogans qui a accompagné la vague anti-réfugiés deux ans seulement après la réunification.

Mais l'hostilité envers les réfugiés n'a pas tout à fait disparu dans l'Allemagne d'aujourd'hui. Une hostilité qui s'est exacerbée lorsque le pays a accueilli quelque 890.000 demandeurs d'asile en 2015, au plus fort de la crise des réfugiés en Europe.

Deutschland Gedenken an Ausschreitungen von Lichtenhagen (picture-alliance/dpa/B. Wüstneck)

Une cérémonie commémorative des attaques qui se sont déroulées y a 25 ans a eu lieu à Rostock.

L'année suivante, environ 3.500 attaques ont été enregistrées contre des réfugiés et leurs structures d'hébergements. Le Bureau fédéral de la police criminelle a dénombré, dans la première moitié de 2017, 800 attaques.

La majorité d'entre elles ont eu lieu dans l'Est de l'Allemagne. De l'avis de Dominik Grillmayer, chercheur et politologue au centre franco-allemand de Ludwigsburg, de Rostock à aujourd'hui la classe politique allemande n'a pas été assez ferme:

"On n'a peut être pas envoyé un message assez clair sur ce qui n'est pas toléré en Allemagne, ni la violence de droite ni celle de gauche. Un message envoyé à des personnes qui ne représentent pas la population. Le racisme n'est pas toléré et il faut que les forces de l'ordre réagissent là où c'est nécessaire."

Sur le plan économique, l'Allemagne doit s'efforcer de réduire les inégalités pour éviter d'autres tensions sociales comme celles de Rostock, estime Dominik Grillmayer.

Pour marquer cette journée, l'organisation Pro Asyl a quant à elle appelé les autorités à accorder le permis de séjour à toutes les victimes des violences racistes en Allemagne.   

 

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