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Afrique

Hissène Habré en passe d'être jugé

Une conférence sur le cas Habré a été organisée à Berlin par l'ONG "Pain pour le monde"'. Jacqueline Moudeina, l'avocate tchadienne qui se bat depuis 20 ans aux côtés des victimes, était présente à cette rencontre.

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Photo non datée de Hissène Habré

Près de 40.000 morts, des milliers de disparus et le recours systématique à la torture : c'est le terrible bilan des huit années, entre 1982 et 1990, passées au pouvoir par l'ancien président tchadien Hissène Habré. Cette sombre page de l'histoire du Tchad va, peut-être, être tournée avec la traduction de Hissène Habré devant un tribunal spécial africain. Ce procès historique aura lieu à Dakar, alors que Hissène Habré est en exil doré depuis plus de vingt ans au Sénégal.

Une longue attente

C'était au mois de février dernier : l'inauguration des Chambres africaines extraordinaires, à Dakar, pour juger les crimes commis au Tchad entre 1982 et 1990. Une victoire pour Jacqueline Moudeina, avocate des victimes et présidente de l'ATPDH, l'Association tchadienne pour la protection des droits de l'Homme :

« Aujourd'hui, si Habré est jugé au Sénégal, l'Afrique doit s'en glorifier en disant : l'Afrique juge l'Afrique. Et désormais tous ceux qui ont eu un comportement et qui continuent à avoir un comportement infractionnel au niveau de l'Afrique doivent faire l'objet d'un jugement sur le sol africain. Qu'on ne cultive pas l'impunité pour des personnes qui ont commis de graves violations des droits de l'Homme. »

Jacqueline Moudeina Trägerin Alternativer Nobelpreis 2011 Besuch bei DW Bonn

Jacqueline Moudeina à la DW en novembre 2011

Une victoire qui se sera fait attendre plus de 20 ans. La traque a commencé en 2000 avec les premières plaintes déposées à Dakar pour torture. La justice sénégalaise se déclarant incompétente, les victimes se tournent alors vers N'Djamena puis vers la Belgique. Et c'est depuis Bruxelles, en 2005, qu'un mandat d'arrêt est enfin lancé contre l'ancien dictateur. Face à l'absence d'extradition, la Belgique saisit alors la Cour internationale de justice qui ordonne à l'été 2012 au Sénégal de juger Hissène Habré.

L'arrivée au pouvoir au Sénégal de Macky Sall a changé la donne, lui qui a fait du cas Habré son cheval de bataille. Un succès qui est avant tout celui des victimes d'après Reed Brody de Human Rights Watch. Surnommé le "chasseur de dictateurs", il a lutté de concert avec Jacqueline Moudeina :

« Je crois qu'une des grandes caractéristiques, c'est justement le fait que les victimes en soient les architectes, les moteurs de ce procès. Ce sont les victimes qui ont poussé pendant plus de vingt ans pour que ce procès ait lieu. Et je pense que c'est grâce à cette participation des victimes que ce procès pourra être un exemple : on verra que les victimes sont les vrais héros de ce procès."

Reed Brody Human Right Watch

Reed Brody en janvier 2012

Des héros qui seront partie civile et représentés par Jacqueline Moudeina. L'autre grande spécificité de ce procès à venir est également son déroulement sur le sol africain et non pas, comme cela a pu être le cas dans le passé, devant la Cour pénale internationale (CPI).

« On ne peut pas en même temps s'opposer à ce que des tortionnaires, des responsables africains des pires crimes soient jugés ailleurs et ne rien faire pour qu'ils soient jugés en Afrique, estime Reed Brody. Et je pense que ce sera beaucoup plus important un jugement d'Hissène Habré au Sénégal qu'un jugement en Europe ou même par une instance internationale. »

Un apport à la réconciliation au Tchad

Pour Jacqueline Moudeina, Dakar n'est qu'un début. Elle souhaite que le procès constitue une ouverture pour des poursuites au Tchad :

« Quand nous avons déposé plainte contre Hissène Habré à Dakar, nous sommes revenus chez nous au Tchad déposer d'autres plaintes contre ses complices. En nous disant que les faits, les exactions, ont été perpétrés au Tchad, et il va falloir que le Tchad prenne ses responsabilités. Donc il est tout à fait normal que ces tortionnaires qui vivent au Tchad, sur le terrain tchadien, soient jugés par des juges tchadiens et au Tchad. »

Reed Brody et Jacqueline Moudeina ont bien l'intention que le procès de Hissène Habré contribue aussi à la réconciliation nationale au Tchad. Un objectif pourtant mis à mal par les 3.000 kilomètres qui séparent N'Djamena de Dakar. Leur nouvelle bataille : la retransmission des débats à la télévision et radio tchadiennes...

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