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Allemagne

Henry Lukács, soldat de métier

Il a reçu la médaille d’honneur du courage pour son engagement en Afghanistan. En toute circonstance, l’adjudant parachutiste Henry Lukács garde son sang froid, même quand il saute d’avion à plusieurs milliers de mètres.

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Henry Lukács

Henry Lukács a osé le grand saut 370 fois. Dans les airs, le parachutiste est dans son élément : il a même effectué des sauts en avion à dix mille mètres de hauteur. Ces sauts, l’adjudant les qualifie simplement de « délicats » et pour cause : à cette hauteur, les températures peuvent atteindre moins 60 degrés, le poids du paquetage, lui, est supérieur à 60 kilos. Un poids qui se fait particulièrement sentir à l’atterrissage : « là, c’est quand même bien pratique d’avoir quelqu’un qui aide à se relever », admet Henry Lukács. Mais lorsque la rampe arrière de l’avion s’ouvre, que l’on regarde dans le vide et qu’on se laisse tomber malgré le vertige, le poids est vite oublié.

Deux amis morts en Afghanistan

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La montre d'Henry Lukács porte le sigle de la force internationale d'assistance et de sécurité de l'OTAN en Afghanistan

Henry Lukács fait partie des quatre premiers soldats de la Bundeswehr, l’armée allemande, auxquels Angela Merkel, la chancelière, a remis en juillet 2009 la « médaille d’honneur pour des actes de courage ». Le soldat de métier âgé de 28 ans a été décoré pour une mission effectuée en octobre 2008 en Afghanistan. « Nous avions participé à une vaste opération le 20 octobre pendant laquelle il y a eu un attentat suicide sur un poste de sécurité allemand. Nous sommes venus à la rescousse et nous avons assuré le sauvetage et le secours. »

Même un an plus tard, Henry Lukács se souvient avec émotion de cet événement tragique : « pour moi, l’Afghanistan n’est que deuil et douleur. J’y ai perdu deux bons amis. » C’est notamment pour cette raison que le parachutiste aimerait voir la société allemande manifester davantage de compréhension pour la mission en Afghanistan. Il estime que la présence des troupes allemandes, qui participent à la reconstruction du pays, est une cause louable. Henry Lukács regrette que les médias ne parlent de l’Afghanistan que lorsque des soldats allemands sont attaqués ou tués.

Aide aux jeunes soldats

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Un diplôme obtenu en Norvège est affiché au mur de sa chambre.

L’adjudant se qualifie lui-même de « multiplicateur ». Sa mission est en effet de transmettre l’expérience qu’il a acquise un peu partout dans le monde à des jeunes soldats et de les former aux missions dangereuses. Une tâche qu’il exerce manifestement avec compétence : sur le mur de sa petite chambre, des diplômes font office de photos de vacances. Quand on lui demande s’il se considère comme un soldat d’élite, le parachutiste de la division des Opérations spéciales répond modestement : « Ce n’est pas moi qui décide de cette appellation. C’est sûr qu’on se distingue des autres corps de l’armée avec notre entraînement intensif. Mais je suis surtout reconnaissant de pouvoir faire quelque chose que tout le monde ne fait pas ».

Une équipe soudée

Evidement, l’adjudant connaît aussi le quotidien grisâtre de la routine militaire. Lorsqu’il n’est pas en mission, Henry Lukács vit la semaine à la caserne avec ses camarades du bataillon parachutiste de Zweibrücken. Alors que les simples soldats se partagent normalement une chambre à trois, il a tout de même le privilège, en tant que sous-officier, d’avoir sa propre chambre – même si elle est petite. Malheureusement, la télévision est actuellement en panne. Du coup, il a plus de temps à consacrer à ses camarades : « Ici, nous sommes une équipe soudée. On ne trouve pas partout une aussi bonne ambiance de travail ». Sans une telle base de compréhension mutuelle et de confiance, la vie en communauté ne fonctionnerait pas. Les soldats ne doivent pas seulement cohabiter dans des espaces restreints, ils doivent surtout pouvoir compter les uns sur les autres lors des missions dangereuses.

Une copine tombée du ciel

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Amoureux du club de foot de Cologne au point de dormir dans des draps à leur effigie!

Le week-end, on peut enfin se consacrer à sa vie privée. Henry Lukács va rendre visite à sa copine à Cologne. Originaire de Iéna, il considère la métropole rhénane comme sa deuxième patrie. Sa copine est littéralement « tombée du ciel ». Dans son temps libre en effet, elle fait aussi du parachute. Souvent, Henry la filme pendant ses sauts.

Le couple a le projet de fonder une famille. Mais la future Madame Lukács doit d’abord terminer ses études de droit. Un jour, quand il aura fini de servir, Henry Lukács se voit bien partir d’Allemagne, pour s’installer par exemple à Cuba. C’est là que lui et sa copine ont passé les meilleures vacances de leur vie. « Je suis un fumeur de cigare passionné. Quand je fume un cigare cubain, ça me détend et me permet de réfléchir. Cela me procure une grande satisfaction. »

Auteur : Mikhail Bushuev
Traduction : Anne Le Touzé
Edition : Konstanze von Kotze

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