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Afrique

Guerre civile, génocide : le Burundi inquiète

Des termes forts ont été employés pour qualifier ce qui pourrait arriver au Burundi si pouvoir et opposition ne retrouvent pas le chemin du dialogue. L'ONU a par ailleurs ordonné une enquête sur les récentes exactions.

"La situation au Burundi est explosive et le pays est sur le point de basculer dans la guerre civile". Le Haut Commissaire de l'Onu Zeid Ra'ad Al Hussein s'est exprimé ce jeudi, à Genève, devant le Conseil des droits de l'homme, réuni en session extraordinaire pour parler de la situation des droits de l'Homme au Burundi. Le pays semble avoir franchi un pas de plus vers la guerre civile, a souligné le Commissaire : 400 personnes ont été tuées depuis le 26 avril, 3.500 ont été arrêtées en lien avec la crise politique actuelle. Sans oublier les nombreux réfugiés et déplacés internes. "Bien que l'avenir du Burundi se trouve entre les mains des responsables burundais, ce Conseil a une responsabilité claire, celle de faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que le pire ne devienne réalité au Burundi au cours des prochains jours. Nous le devons au peuple burundais qui n'a que trop souffert ", a déclaré le Commissaire.

Eviter le pire

Son intervention a été immédiatement suivie par celle du Conseiller spécial du Secrétaire général pour la Prévention du génocide en mission au Burundi. Adama Diang a lui aussi appelé les membres du Conseil à ne pas sous-estimer la situation d'un pays à la croisée des chemins : "au vu des informations dont nous disposons, si un conflit à grande échelle venait à éclater, nous ne pourrons pas prétendre que nous ne savions pas. La communauté internationale a la responsabilité de protéger les Burundais et d'empêcher que des atrocités ne soient commises". Dans une résolution, le Conseil a demandé l'envoi "en urgence" d'experts indépendants pour enquêter sur les exactions en cours dans le pays.

Quant à la représentante du Burundi, elle a dénoncé les propos de certaines personnalités étrangères qui, délibérément, déguisent la réalité sur la situation à Bujumbura. Evoquant le terme de génocide, Elisa Nkerabirori a rappelé "qu'il y a des termes que l'on n'emploie pas à la légère".

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