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Vu d'Allemagne

Grogne : fermeture de l'usine AEG à Nuremberg

L'entreprise suédoise Electrolux a annoncé la fermeture de son usine allemande de machines à laver AEG à Nuremberg, une décision motivée par la baise des prix et le coût trop élevé de sa production. D´ici fin 2007, 1750 employés vont perdre leur emploi. Le syndicat IG Metall pense déjà à une grève et au boycott des consommateurs. Son directoire requiert en outre une hausse de 5% des salaires dans la branche et plaide pour un effort de la part des entreprises en matière de formation et d´innovation. La nouvelle tombe alors que la Deutsche Telekom prévoit aussi de son côté la suppression de 32.000 emplois. La presse allemande commente aujourd´hui ce problème de fond.

Le groupe suédois électrolux annonce la fermeture de son usine AEG de Nuremberg d´ici fin 2007.

Le groupe suédois électrolux annonce la fermeture de son usine AEG de Nuremberg d´ici fin 2007.

« La Telekom et AEG réduisent leurs effectifs – c´est dur, mais juste. La politique sociale relève de l´Etat » titre aujourd´hui la Tageszeitung. Au regard du chiffre d´affaires de la Deutsche Telekom au cours des 9 derniers mois, on pourrait penser que l´entreprise est en mesure de conserver ses 170.000 employés allemands. Et pourtant un cinquième doit partir. L´entreprise investit non pas dans le personnel, mais dans les adieux – une politique manifestement rentable à long terme. Même schéma pour Electrolux. Son usine AEG de Nuremberg va fermer, parce que la société suédoise va produire moins cher en Pologne. « Une entreprise a-t-elle le droit de faire ça ? », s´interroge la Taz. « Oui, elle peut ». Pour le quotidien, on ne peut pas reprocher à une entreprise de vouloir maximiser son profit et de chercher à rester compétitive. La Telekom en est un exemple : elle a perdu son monopole, chaque jour, ses concurrents gagnent des parts de marché et ne sont pas, eux, dans l´obligation de continuer à employer d´anciens fonctionnaires – une règle qui doit aussi être valable pour la Telekom. Quant à AEG : c´est certes un coup très dur pour les employés de l´usine de Nuremberg de voir la production se poursuivre en Pologne. Mais Electrolux ne peut pas ignorer que les allemands n´achètent pas que des produits allemands – pas de pitié, ils se décident aussi pour la machine à laver la moins chère. Même dans une économie du marché à caractère social, on ne peut pas faire de reproches d´ordre moral aux entreprises. « Social » n´a jamais signifié que la concurrence et la maximisation des profits sont des notions caduques – il est plutôt question de la répartition de ces profits, conclue le quotidien, grâce aux impôts par exemple. L´ancien gouvernement Schröder a réduit le montant de l´impôt sur les sociétés, ça n´était vraiment pas nécessaire. Les futurs ex-employés feraient bien de s´énerver contre ça, pas contre les chefs d´entreprise, qui ne font que leur boulot.

Le quotidien « Die Welt » ne s´étonne pas non plus de la fermeture de l´usine AEG : c´est un fait, le coût de la production est trop élevé, la lutte des prix pour les machines à laver farouche. Ce qui surprend en revanche le journal, c´est qu´Electrolux ait jusqu´au bout fait comme si ça allait durer. Car les conditions, ou plutôt les restrictions nécessaires à la poursuite de son activité en Allemagne - diminution des salaires et augmentation du temps de travail, ne pouvaient tout simplement pas être acceptés par les employés. Des employés auxquels le syndicat IG Metall a certainement fait plus de mal que de bien, poursuit le quotidien, en attisant les réactions purement émotionnelles, en incitant à des boycotts ou des blocages plus ou moins réguliers, tournant ainsi définitivement le dos à une discussion réaliste.

La Süddeutsche Zeitung voit ça d´un autre oeil. « L´usine AEG va fermer ses portes – et pourtant, la flexibilité dont a fait preuve IG Metall était juste » écrit le journal. La fermeture de l´usine de Nuremberg a une portée bien plus large que celle d´un cas particulier. Elle n´est que la conséquence inéluctable de l´incroyable chute des prix des deux dernières années. Producteurs et employés doivent accepter que les machines à laver ne seront bientôt plus produites en Allemagne. Le journal y voit l´expérience des autres branches se répéter : celui qui propose des produits innovants de bonne qualité survit, celui qui opte pour la production de masse disparaît. Une évolution que des concessions d´ordre salarial peuvent ralentir, explique le quotidien. Ca ne permet certainement pas de stopper le phénomène, mais ça le ralentit. Toute tentative de conserver des emplois grâce à plus de flexibilité est donc valable, même si cela ne sert qu´à gagner du temps. En cela, la stratégie d´IG Metall était la bonne, mais le problème, poursuit le journal, c´est que ces concessions ont été faites trop tard – et c´est bien là le véritable problème de fond. Les mesures sont à prendre lorsque l´entreprise voit diminuer ses profits, mais en fait toujours. C´est à ce moment là que l´on peut encore sauver des places. Mais bien souvent, c´est à ce moment là que la résistance est la plus forte. Qui veut conserver des emplois dans l´industrie allemande doit donc réduire les coûts du travail, qui veut en créer de nouveaux doit favoriser l´innovation et la croissance économique.

  • Date 13.12.2005
  • Auteur Marie Mévellec
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