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Europe

Forte baisse du nombre d'écoliers en Allemagne d'ici 2016

Parce que l'Allemagne ne fait pas assez d'enfants, on va devoir fermer des écoles un peu partout dans le pays, surtout dans les zones rurales et à l'Est. On réfléchit déjà à de nouveaux modèles d'enseignement.

Faute d'élèves, de nombreuses écoles devront probablement fermer leurs portes ces prochaines années en Allemagne.

Faute d'élèves, de nombreuses écoles devront probablement fermer leurs portes ces prochaines années en Allemagne.

Un reportage de Patrice Cuvier.

Un phénomène national, mais accru dans l'est du pays

A Schwerin, dans l'est de l'Allemagne, les effectifs scolaires baissent d'année en année.

A Schwerin, dans l'est de l'Allemagne, les effectifs scolaires baissent d'année en année.

Les chiffres sont alarmants. Confrontée à l'un des taux de fécondité les plus bas d'Europe, l'Allemagne aura beaucoup moins d'enfants à scolariser d'ici dix ans. Rien qu'en Rhénanie du nord-Westphalie, la région la plus peuplée, l'office des statistiques vient de calculer qu'en 2016 le nombre d'écoliers va chuter en moyenne de plus de 15%. A certains endroits, des communes vont même perdre jusqu'à 24% d'enfants. Et c'est pratiquement tout le pays qui est concerné explique Ernst Rösner, de l'Institut de recherche sur l'évolution des écoles à l'université de Dortmund :

« C'est une tendance nationale. A part quelques disparités régionales dues à l'attrait que certaines villes comme Munich et Bonn continuent d'exercer sur les jeunes familles désireuses de s'y installer. En revanche nous avons des zones rurales qui enregistrent une baisse démographique plus forte que la moyenne. Le nombre des naissances diminue et les gens s'en vont. C'est ce qu'on observe notamment dans l'Est de l'Allemagne. »

Vers une refonte du système scolaire allemand ?

La baisse des effectifs oblige les autorités allemandes à repenser la carte scolaire.

La baisse des effectifs oblige les autorités allemandes à repenser la carte scolaire.

« Les petites communes ne pourront plus se permettre d'avoir chacune un lycée et des écoles secondaires étant donné la baisse du nombre d'enfants à scolariser. Il faut donc saisir cette opportunité offerte par la baisse de la démographie pour créer des écoles assurant un enseignement commun jusqu'à l'âge de 16 ans comme c'est le cas dans beaucoup d'autres pays.»

Moins d'écoles, mais plus d'enseignants ?

Les économies réalisées pourraient permettre d'améliorer l'aide aux élèves en difficulté.

Les économies réalisées pourraient permettre d'améliorer l'aide aux élèves en difficulté.

13 milliards d'euros d'économie d'ici 2020 : c'est la somme que l'Etat épargnera avec la fermeture d'établissements scolaires. Ces chiffres avancés par l'Institut de l'économie allemande donnent la dimension du défi auquel le pays est confronté. Car ces 13 milliards d'euros on pourra les investir dans un enseignement de meilleure qualité. C'est du moins le souhait d' Andreas Meyer-Lauber, du syndicat des enseignants.

« Cette baisse des effectifs dans les écoles peut être une chance pour améliorer la qualité de l'enseignement. Car les classes sont souvent surchargées et on n'a pas assez de temps pour aider les élèves en difficulté. Il faut bien comprendre qu'un enseignement de qualité est la base de la réussite. Nous devons tous faire davantage d'efforts. Le nombre d'enseignants ne doit pas diminuer car il faut compenser les départs à la retraite. Et il faut engager davantage de jeunes professeurs pour rajeunir le corps enseignant. »

Trop ou pas assez d'enseignants : le débat continue de diviser en Allemagne. Pour le spécialiste des questions d'éducation à l'université de Dortmund, Ernst Rösner, la question des effectifs est difficile à trancher :

« Je suis sceptique. Car à chaque fois qu'on a trop d'élèves on réclame davantage de profs. On en engage et ensuite on constate que les effectifs des classes baissent. On n'arrive jamais à établir un juste équilibre car cela fonctionne sur un principe de liberté. Et on ne peut rien y changer. »

En attendant l'Allemagne va continuer de vieillir. Au rythme actuel on construira bientôt davantage de maisons de retraites que d'écoles.

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A écouter aussi dans cette émission :

  • Vis-à-vis : Des psychologues à l’aide des travailleurs déprimés

    En France, plusieurs suicides survenus notamment dans des usines Peugeot et Renault ont relancé la question de la souffrance au travail, d’autant que deux des suicides survenus chez Renault ont été classés en « accidents du travail » (par la sécurité sociale). Pour tenter d’éviter des drames, ou plus prosaïquement pour tenter de limiter l’absentéisme au travail, de grandes entreprises, publiques ou privées, font désormais appel à des sociétés qui proposent une assistance psychologique par téléphone. Reportage : Catherine Potet.

    En Pologne, des sociétés privées proposent aussi de prévenir la déprime, en proposant notamment des formations pour lutter contre le stress.

    • Portrait : Rijkman Groenink, le président directeur général sortant d’Abn Amro, fait couler beaucoup d’encre. Sa gestion « contestable » de la plus vieille banque néérlandaise ne l’empêchera pas de toucher 26 millions d’euros sur la vente de ses actions, et 4 millions de bonus.
    • Carnet de voyage : Mer celtique, un beau néologisme pour décrire ce territoire celte qui va du Nord de l’Ecosse aux Asturies et à la Galice en Espagne en passant par l’Irlande, l’Ile de Man, les Cornouailles et la Bretagne. C’est aussi le titre d’un très bel ouvrage, illustré par les photographies de Philip Plisson et les textes de Patrick Mahé.

Pour Ernst Rösner, spécialiste des questions d'éducation, le recul des naissances oblige à repenser tout le système scolaire afin de regrouper les établissements menacés de fermeture. L'idée c'est d'intégrer les élèves qui quittent le primaire au sein d'un établissement d'enseignement commun jusqu'à l'âge de 16 ans. Il n'y aurait plus de séparation entre les lycées et les écoles du premier cycle de l'enseignement secondaire. Ce schéma est loin de faire l'unanimité dans tous les Länders qui sont souverains en matière d'éducation. Mais il recueille l'assentiment du puissant syndicat des enseignants, le GEW. Andreas Meyer-Lauber, président de la Fédération régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie, en explique les raisons :

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