FME : oui, mais pas tout de suite | Europe | DW | 11.03.2010
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Europe

FME : oui, mais pas tout de suite

José Manuel Barroso a estimé que le Fond monétaire européen devrait nécessiter un changement des Traités. Ce qui signifie qu'il faudra une autre solution, plus rapide, pour sauver la Grèce.

Au bord de la faillite, la Grèce attent la solidarité européenne

Au bord de la faillite, la Grèce attent la solidarité européenne

Les manifestations ont continué cette semaine à Athènes et dans d’autres villes du pays pour protester contre les mesures d’austérité du gouvernement grec. Il faut rappeler que la Grèce doit réduire de 4 points d’ici la fin de l’année son déficit public qui avoisine aujourd’hui les 13%, soit quatre fois plus que ce qui est permis. Athènes a fait appel à la solidarité européenne en menaçant de recourir à l’aide du FMI, le Fonds monétaire international, si les Européens refusent de mettre la main à la poche pour venir à son secours.

Angela Merkel, s'est ralliée à l'idée du FME : ici lors de la visite à Berlin du Premier ministre français François Fillon

Angela Merkel, s'est ralliée à l'idée du FME : ici lors de la visite à Berlin du Premier ministre français François Fillon

L’Allemagne est pour sa part très réticente à l’idée de payer pour la Grèce. C’est une idée qui est impopulaire au sein de l’opinion publique. Le quotidien Bild Zeitung a publié des pages incendiaires, insultantes même, dans lesquelles il a carrément proposé aux Grecs de vendre leurs îles à l’Allemagne pour financer leurs déficits. C’est dans ce contexte très passionnel qu’est apparue l’idée d’un Fonds monétaire européen qui serait destiné à venir en aide aux pays de la zone euro.

La chancelière Angela Merkel, d’abord très sceptique, a finalement déclaré qu’elle y serait favorable mais il faudrait pour cela changer les traités européens. Une position á laquelle s’est rallié le président de la Commission, José Manuel Barroso qui, á une question posée par le président du groupe libéral au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, a répondu de la sorte : « Pour ce qui concerne la proposition du Fonds monétaire européen, celle-ci a été avancée par le ministre des finances de l’Allemagne sans donner plus de détails sur la création de cette institution. Cela semble néanmoins une contribution intéressante apportée au débat actuel sur la zone euro. Mais le Fonds monétaire européen est une proposition à long terme qui nécessitera probablement une modification des traités »

Serpent de mer

Le Fonds monétaire européen n’est donc pas pour demain et dans l’urgence, il faudra trouver d’autres modes de soutien pour la Grèce

Les eurodéputés se sont délarés favorables à la taxation des transactions financières

Les eurodéputés se sont délarés favorables à la taxation des transactions financières

Cette semaine, les eurodéputés ont aussi voté une résolution dans laquelle ils se prononcent en faveur d’une taxe sur les transactions financières. Ceux-ci ont en effet demandé à la Commission de réaliser une étude d’impact sur l’instauration d’une taxe mondiale sur les transactions financières et ceci d’ici à la prochaine réunion du G20 qui aura lieu en juin prochain au Canada.

Cette idée est un véritable serpent de mer. Il s’agirait de taxer à 0,005% les transactions financières. Un taux infime et pourtant, cette idée avait déjà été repoussée par le Parlement européen en janvier 2000. Cette fois-ci ils semblent donc que les eurodéputés aient changé d’avis mais autant dire que le chemin est long : il faudra d’abord que la Commission soit d’accord avec cette idée puis qu’elle la propose au G20 et que l’ensemble des dirigeants réunis en juin au Canada soutiennent ensuite ce projet. Autant dire que ce n’est pas gagné mais l’idée fait son petit bonhomme de chemin. D’ailleurs, le G20, lors de sa dernière réunion de Pittsburgh en septembre 2009, a confié une mission au Fonds monétaire international sur ce sujet. Eléphant contre thon rouge

Le Japon reste de loin le premier consommateur de thon rouge au monde

Le Japon reste de loin le premier consommateur de thon rouge au monde

Enfin, l’Union européenne soutient l’interdiction de la pêche au thon rouge. Face à cela, les états africains ont déclaré : sauvez nos éléphants et nous vous aideront à sauver le thon ! Un marchandage en forme de boutade proposé par 23 pays africains. L’Interdiction de la pêche au thon rouge doit être présentée lors de la réunion de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) qui se tient à Doha du 13 au 25mars. Cette interdiction est loin d’être acquise car le Japon est vent debout contre cette idée. Tokyo va mettre tout son poids dans la balance – tout son poids en yens notamment – pour empêcher que cette interdiction soit validée.

C’est donc dans ce contexte que les états africains se sont déclarés prêts à soutenir les Européens mais à une condition : que ceux-ci ne reviennent pas sur l’interdiction du commerce d’ivoire. Celui-ci est banni au niveau mondial depuis 2007 mais deux pays africains – la Tanzanie et la Zambie – souhaitent revenir sur cette interdiction et leurs arguments trouvent un écho plutôt favorable du côté de l’Union européenne. C’est pourquoi 23 pays africains, menés notamment par le Kenya, l’Ethiopie et le Nigeria, ont proposé à Bruxelles de maintenir l’interdiction du commerce de l’ivoire. En échange de quoi ils seront prêts à signer pour sauver le thon rouge.

Pauvre, femme et célibataire

En Europe, les mères célibataires sont une population plus touchée par la pauvreté

En Europe, les mères célibataires sont une population plus touchée par la pauvreté

Nous poursuivons donc notre série sur la pauvreté en Europe. L’année 2010 a été élue année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. En Grande Bretagne, qui peine à sortir de la récession, parmi les victimes de la pauvreté se trouvent souvent les femmes célibataires. En particulier les mères qui élèvent seules leurs enfants, très nombreuses dans ce pays et qui, malgré une politique très ciblée des Travaillistes depuis 1997 en leur faveur, ont encore beaucoup de mal à échapper à la pauvreté.

C’est un reportage à Londres de Muriel Delcroix.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot