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Firas Alshater : le réfugié qui fait un tabac en Allemagne

« Je suis un réfugié syrien. Je te fais confiance. Me fais-tu confiance ? Alors viens dans mes bras ». C’est avec ces mots, inscrits sur une pancarte, que Firas Alshater est devenu du jour au lendemain une star du web.

"Salut à tous, et bien… euh bienvenue pour ma première vidéo pour vous. Mon nom est Firas Alshater, j’habite ici à Berlin depuis deux ans et je viens de Syrie.… "

Opposant politique, étudiant en art dramatique à Damas, prisonnier, réfugié en Allemagne, et enfin Youtuber à succès. A à peine 26 ans, Firas Alshater en a des histoires à raconter. Il aimerait bien d’ailleurs, que l’on tende plus souvent le micro aux réfugiés, au lieu de parler à leur place : "Il y a des gens qui vous diront que leur pays leur manque. Il y en a d’autres, qui vous diront qu’ils ont trouvé ici une vie convenable. Les réponses seront très variées". 

Firas, lui, a donc choisi la vidéo pour faire passer son message. Sa chaîne Youtube s’appelle Zukar. Pour sucrer par l’humour, un monde bien souvent trop amer.

"Etre pauvre ce n’est pas manquer d’argent, mais manquer d’humour"

Dans l’une de ses dernières vidéos, Firas explique comment il a dû expédier 500 e-mails pour trouver un logement. Que franchement, il n’avait pas trouvé le temps de se mettre à la Leitkultur, la fameuse culture allemande de référence que brandissent certains politiques comme base indispensable à toute intégration.

Dois-je manger ce que mangent les Allemands ?Des hamburgers, des döners et des pizzas.  Ironise-t-il sur la culture culinaire allemande. « Avec l’humour on change beaucoup plus qu’on ne le pense. Etre pauvre ce n’est pas de ne pas avoir d’argent. C’est de ne pas avoir d’humour. » Et l’une des richesses de Firas, c’est paradoxalement son statut de réfugié


"Disons que si les Allemands faisaient des blagues sur les réfugiés, certains ne l’accepteraient pas et d’autres les qualifieraient de Nazis. Alors que moi, tant que je parle des réfugiés j’ai le droit de le faire. Et c’est ce que j’essaie pour parler de la vie ici, de mes problèmes et de mes expériences."

Des expériences que Firas Alshater nous livre également dans son autobiographie. Il raconte par exemple comment, à ses débuts à Berlin, il n’hésitait pas à s’offrir le luxe de mettre un euro pour avoir un caddy au supermarché. Jusqu’au jour, où une amie allemande lui apprend, que la pièce, il peut la récupérer à la fin de ses courses.