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Allemagne

Fin du procès „Mannesmann“...

Le plus grand procès et aussi le plus grand scandale économique de l’Allemagne de l’après guerre s'est achevé ce mercredi à Düsseldorf. Le tribunal a entériné l’abandon des poursuites en échange de lourdes compensations financières...

Josef Ackermann devant le siège de la Deutsche Bank à Francfort sur le Main

Josef Ackermann devant le siège de la Deutsche Bank à Francfort sur le Main

Josef Ackermann, le grand patron de la Deutsche Bank et cinq autres prévenus étaient poursuivis pour abus de confiance aggravé…Lors d’un premier procès en 2004 déjà, Josef Ackermann et les cinq autres avaient été accusés d’avoir agi contre les intérêts de l’entreprise Mannesmann. En comité restreint, ces six hommes avaient décidé de s’octroyer des bonifications et primes d’un montant de 57 millions d’euros à l’issue du rachat en 2000 du conglomérat allemand par le groupe britannique Vodafone. Vodafone avait acquis Mannesmann pour la somme record de 178 milliards d’euros, à l’issue d’une bataille boursière qui s’était transformée en opération amicale. 57 millions de primes, tout à fait normal avait alors trouvé le PDG de la Deutsche Bank, le Suisse Josef Ackermann : "J'assume ce que j'ai fait, je trouve cela bien. En Suisse quelqu'un vient juste de toucher un bonus comparable. Le pays est fier d'avoir des gens si entrepreneurs. Ce serait bien si l'Allemagne avait un peu de cet état d'esprit!"

A l’époque , les juges avaient partagé l’avis du grand patron de la Deutsche Bank et l’ensemble des prévenus (parmi lesquels l’ancien patron de Mannesmann Klaus Esser ou bien encore l’ex dirigeant du syndicat IG Metall, Klaus Zwickel) avait bénéficié d’une relaxe générale en juillet 2004. Mais le procureur avait alors demandé une révision devant la Cour Fédérale Suprême à Karlsruhe qui avait ordonné un procès en seconde instance. Ouvert fin octobre et prévu pour durer jusqu’en février, ce procès était selon Ackermann nuisible avant tout à l’Allemagne :

" Les meilleurs gens du monde et même les meilleurs Allemands ne viendront naturellement pas chez nous si nous ne les payons pas de manière adéquate comme par exemple Goldman Sachs, Morgan Stanley ou Merril Lynch!..."

Et si à l’issue de ce second procès, il n’avait pas été acquitté, Ackermann aurait démissionné de son poste à la direction de la Deutsche Bank, dit-il … :

" Ceux qui me conniassent savent que ne veux pas d'argent sans performance. Bien entendu, j'ai envoyé une lettre au Conseil d'administration l'informant que si je devais démissioner à cause de Mannesmann , je ne recevrais pas un seul cent...!"

Aujourd’hui le juge Stefan Drees en charge de l’affaire a annoncé que le Tribunal acceptait la proposition faite par la défense d’un abandon des poursuites contre l’ensemble des prévenus en échange du versement à la justice d’une somme totale de 5,8 millions d’euros. Les six accusés sortent donc de l’affaire avec un casier judiciaire vierge !

Josef Ackermann pourra donc en toute quiétude continuer de gérer la Deutsche Bank. Notons que J.Ackermann dont le salaire se situe (selon diverses primes et gratifications) entre 15 et 20 millions d’euros, devra s’acquitter de 3,2 millions. Klaus Zwickel, l’ex-chef du syndicat IG Metall de 60.000 euros.

Notons aussi que le paragraphe 153 a du code de procédure pénale allemand permet la conclusion d’un tel accord à l’amiable avec l’ensemble des parties. Et dans ce cas le procès s’achève sans jugement…

  • Date 29.11.2006
  • Auteur Ph.Pognan
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