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Fatou Seidi Ghali, seule joueuse de guitare électrique connue au Niger

Avec son groupe de musique touareg au féminin "les Filles de Illighadad", elle navigue entre le désert et des tournées en Europe.

Des notes électriques, qui se baladent en liberté, autour et sur le rythme du tendé, une percussion traditionnelle réservée aux femmes. Des paroles, scandées, en tamasheq. Pour parler d’amour, de nostalgie et de religion.

Les Filles de Illighadad font résonner leur blues du désert. Celui qu’elles ont composé dans la région de Tahoua. Et qu’elles jouent désormais sur des scènes en Europe, comme celle du printemps de Bourges, dans le centre de la France. Des scènes qui intriguent parfois la guitariste Fatou Seidi Ghali : "J’adore tout ce que je vois sur scène en Europe. Les danses, les positions dans lesquelles jouent les musiciens. Les cris que les gens font dans le public. Ça m’amuse beaucoup."

Fatou Seidi Ghali a pris sa première guitare en main il y a à peine 6 ans. Son frère en avait ramené une à la maison, à Illighadad, un petit village perdu à mi-chemin entre Niamey et Agadez : "Je sens que quand le public en Europe me voit sur scène, les gens ne savent pas d’où je viens, ni qui je suis," dit la jeune artiste. "Ils ne savent pas quelle est ma religion. Alors à travers vos questions, ils vont commencer à me comprendre."

Une artiste originale

Comprendre et faire connaître. C’est la mission que s’est donnée depuis quelques années l’ethno-musicologue Christopher Kirkley. L’Américain traverse depuis des années le Sahel pour enregistrer et archiver les sons du désert. C’est comme ça qu’il a découvert Fatou Seidi Ghali. Elle l’a intrigué. Car si les femmes ont une place importante dans la musique touareg, la guitare semblait réservée aux hommes.

Voilà comment les Filles de Illighada habituées à jouer pour des mariages et des festivals au Niger ont fini par atterrir sur le label Sahelsounds. "La musique m’aide mais je ne peux pas vraiment en vivre," explique Fatou Seidi Ghali. " J’ai mon bétail au village. Quand je sors de tournée j’achète quelques bêtes en plus. Mais j’ai confiance. Ça va venir. Un jour je pourrais en vivre."

Succès international de la musique touareg

Porté par le succès international du groupe Tinariwen, lauréat d’un Grammy Award en 2011, la musique touareg continue à s’exporter. A l’image de Bombino, venu d’Agadez qu’on surnomme le Jimi Hendrix du désert. Comme lui, Fatou Seidi Ghali et les Filles de Illighadad espèrent bientôt faire salle comble en Europe et dans le monde.

 

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