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Afrique

Espoirs déçus en Tunisie

La Tunisie célèbre à Sidi Bouzid le deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire. C'est là que le jeune Mohamed Bouazizi s'était immolé par le feu, geste qui avait déclenché les manifestations.

À Sidi Bouzid, l’ambiance était morose en ce jour anniversaire, avec beaucoup d'agressivité dans l'air. Le chef de l'État Moncef Marzouki et le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar ont fait le déplacement : ils sont venus avec des promesses, mais ont été accueillis par des insultes et quelques jets de pierre qui les ont forcés à quitter la scène. Ici la population en a assez, comme le souligne Mohamed Ali Laifi, président de l'association de développement de Sidi Bouzid :

Un chômeur réclame du travail à Sidi Bouzid

Un chômeur réclame du travail à Sidi Bouzid

« Ils cherchent leur propre intérêt politique, et à court terme en plus. Ils pensent rarement au développement, seulement quand il y a des émeutes ou des manifestations comme celles d'aujourd'hui. Ils ont essayé de sauver la face, mais ils sont conscients qu'ils n'ont rien fait dans les régions défavorisées. Au bout de deux ans, il faut tout de même entamer certains chantiers. On peut comprendre la colère de la population. »

Sentiment de trahison

L'enthousiasme révolutionnaire est retombé et les promesses du gouvernement ne suffisent plus. Deux ans après la révolution, les habitants assurent que rien n'a changé. Aucun projet de développement n'a été réalisé et le taux de chômage avoisine toujours les 18%.

La seule avancée concrète dans le pays a eu lieu dans la fonction publique, où le recrutement est aujourd'hui un peu plus transparent, comme le salue cette mère de famille de Sidi Bouzid, l'une des rares à avoir trouvé un emploi après 13 ans de chômage. Si elle mesure sa chance, elle reste amère face à l'évolution de la situation :

Les habitants de la ville ont fait sentir leur colère aux représentants de l'Etat

Les habitants de la ville ont fait sentir leur colère aux représentants de l'Etat

« Il faut de l'espoir pour nos enfants et pour la Tunisie, mais je sens que je suis en train de perdre mon pays. Par moment, je me dis même que si le président Ben Ali était encore là, il y aurait plus de stabilité et de sécurité. Aujourd'hui, malheureusement les partis se disputent le pouvoir et ne pensent pas au peuple qui a fait la révolution. C'est une grande trahison qui nous fait très mal. »

Un sentiment partagé dans les rues de Sidi Bouzid. Les habitants se sentent oubliés. Ce 17 décembre, point de départ de la révolution, n'est pas même un jour férié dans le pays, contrairement au 14 janvier, date de la fuite du président Ben Ali.

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