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Afrique

En RDC, l'ONU n'écarte pas une volonté génocidaire dans le Kasaï

Bien que les enquêtes n'aient pas encore déterminé l'ampleur des crimes commis dans le Kasaï, les fosses communes, qui se découvrent les unes après les autres, font redouter des massacres à grande échelle.

Écouter l'audio 02:27

Adama Dieng a dénoncé la militarisation croissante du Kasaï

Les découvertes macabres se succèdent dans les provinces du Kasaï, faisant redouter l'existence de massacres orchestrés de la population. Au total, 38 nouveaux charniers ont été recensés par les Nations Unies dans les régions de Diboko et Sumbula.

Mais à Kinshasa, les autorités ne parlent que de dix nouvelles fosses communes. L'Eglise catholique congolaise avance pour sa part le chiffre de 3.000 morts et les Nations Unies n'écartent pas la possibilité d'une volonté génocidaire.

L'ONU préoccupée par la situation

La récente visite sur le terrain d'Adama Dieng, le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la prévention du génocide, autorise à s'interroger sur la nature de ces violences. Certes, Adama Dieng a souligné à l'issue de sa visite qu'il n'y avait pas de génocide dans le Kasaï, mais il a appelé à la prévention urgente de nouvelles atrocités.

Selon Adama Dieng, les opérations militaires menées sur place par l'armée congolaise doivent cesser dans les quatre provinces du centre de la RDC secouées depuis septembre par des violences qui impliquent des miliciens, des soldats et des policiers, après la mort d'un chef traditionnel, Kwamina Nsapu, qui défiait le pouvoir de Kinshasa.

Le flou persiste

A ce stade, les victimes de ces violences n'ont pas toutes été formellement identifiées. Mais pour Reagen Kaputa, un habitant de Kananga joint au téléphone par la DW, il ne fait aucun doute que le pouvoir central vise à décimer la population du Kasaï, un fief traditionnel de l'opposition.

"Je peux dire que c’est un génocide contre le Kasaï. L’objectif étant d’en finir avec la population kasaïenne qui selon une certaine opinion, est favorable à l’opposition. C’est donc une occasion pour un pouvoir finissant, de s’attaquer à cette population, la réduire sensiblement pour que sa voix n'ait pas d’impacts sur les élections par exemple et que son choix soit sans valeur."

Dans certains villages, nous a expliqué Reagen Kaputa, les forces gouvernementales ont visé spécialement les jeunes filles et garçons, soupçonnés d'appartenir au mouvement de Kwamina Nsapu. Dans d'autres, ce sont des villages entiers qui ont été détruits.

Il est donc possible que le nombre de victimes ait été sous-estimé a également confié à la DW, Georges Kampiamba, de l’association congolaise pour l’accès à la justice.

"De part les informations à notre possession, le nombre des pertes en vies humaines dépasse largement ce qui a été publié jusqu'à ce jour, notamment par l’Eglise catholique qui a parlé de plus ou moins 3.300 morts. Nous attendons de voir le travail qui va être abattu par les experts des Nations Unies. Cela pourra nous donner de manière plus significative l’ampleur réelle des crimes."

Georges Kampiamba ajoute par ailleurs qu'il faudrait mieux protéger les fosses communes découvertes, mais aussi les témoins et les familles de victimes, afin qu’ils puissent contribuer aux travaux des experts de l’ONU. Ces travaux doivent précéder l’enquête de la justice internationale. 

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