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Afro-presse (hebdomadaire)

En Afrique du Sud, violences contre les étrangers et violences contre les femmes

Les violences contre les étrangers venus d’autres pays africains prennent de l'ampleur en Afrique du Sud. Outre les violences xénophobes, les femmes sont aussi l'objet de violences, quelle que soit leur origine.

La FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung rapporte que ces dernières semaines,  "Atteridgeville, un township à l’ouest de la capitale sud-africaine Prétoria est devenu en quelque sorte la ligne de front d’une nouvelle guerre. Les victimes: des étrangers africains dont les voisins sud-africains affirment qu’ils leur volent les emplois, se livrent au trafic de drogues et se fichent de la Loi et de la morale. Des douzaines de maisons où vivaient surtout des Nigérians ont été incendiées. Souvent leurs habitants n’ont pu se sauver qu’avec ce qu’ils portaient sur eux. La police a du intervenir avec des canons à eau, des balles en caoutchouc et des chiens pour empêcher que les victimes ne soient lynchées par la populace. 

Xenophobie in Südafrika (AFP/Getty Images/M. Longari)

En Afrique du Sud, des immigrants de divers pays africains sont souvent obligés de déguerpir pour fuir les violences, ici dans le village de Primrose à 15 km à l'est de Johannesbourg.

Ce qui a commencé à Atteridgeville a rapidement gagné d’autres townships dans le pays, comme par exemple Lotus Gardens à Pretoria ou bien Diepskloof près de Johannesbourg. 

Des violences qui ne s’expliquent pas seulement par des motivations racistes, mais avant tout économiques, explique le journal de Francfort.

Südafrika Fremdenfeindliche Ausschreitungen (Reuters/R. Ward)

Ces dernières années, les heurts entre immigrants africains et Sud-Africains sont devenus fréquents comme ici à Durban en avril 2015.

De nombreux immigrants peuplent des quartiers entiers et sont prêts à accepter n’importe quel travail au noir, à n’importe quel prix; ils viennent de Somalie, d’Erythrée , d’Ethiopie, du Zimbabwe, de Mozambique, du Malawi, de Zambie, du Congo, du Nigeria, de Côte d’ Ivoire, du Ghana ou encore du  Cameroun. Alors que plus de 30 % des Sud-Africains sont sans emploi, trouver un travail devient de plus en plus difficile. D'autant plus que l’économie stagne sous le régime du président Jacob Zuma et que de plus en plus d’étrangers affluent vers le pays… 

 

"Khulumani"

 

"Khulumani", cela veut dire en Afrique du Sud, en langue xhosa  : "Parler très fort " … Voilà le portrait d’une femme qui parle très fort: un portrait esquissé par la taz, die tageszeitung : "Elle porte à son cou un collier de perles vertes et blanches, ou plutôt une sorte de col de perles, pas comme bijou, mais comme un symbole politique. Pour Nomarussia Bonase, activiste pour les droits humains, c’est un symbole de résistance: contre les violences faites aux femmes dans son pays, l’Afrique du Sud, contre les différences sociales frappantes entre les villes et les zones rurales, contre la lenteur à surmonter les conséquences du régime de l’apartheid. 

Südafrika Nomarussia Bonase gewinnt Anne Klein Award (DW/T. Khumalo)

Manifestation de soutien à Khulumani dans le township de Tokoza à Johannesbourg.

Agée de 51 ans, Nomarussia Bonase sait de quoi elle parle quand elle dénonce la violence et l’injustice. Elle vit dans un township, proche de Johannesbourg. Sa maison, qui sert de lieu de rencontre pour des discussions politiques a été cambriolée, son jeune fils enlevé alors qu’elle était pour quelques jours ailleurs pour son travail politique. Des femmes de sa famille ont été violées.

Outre la pauvreté, l’un des plus gros problèmes de nombreuses femmes en Afrique du Sud, ce sont les violences sexuelles. Officiellement, quelque 52.000 femmes et jeunes filles sont, chaque année, victimes de viols. Dix fois plus selon des chiffres officieux. Seul un viol sur neuf fait l’objet d’une plainte et un violeur sur quatre seulement comparaît en justice. Seuls quelques- uns sont condamnés à des peines légères.

Les femmes traumatisées et blessées sont abandonnées à leur sort. Elles ne parlent que rarement de ce qui leur est arrivé, les violences sexuelles en Afrique du Sud sont encore un sujet tabou.

Südafrika Johannesburg Demonstration Vergewaltigung (picture-alliance/dpa)

A Johannesbourg, une manifestation contre la violence sexuelle et la mysoginie.

Mais Nomarussia Bonase est là. Elle dirige l‘organisation Khulumani, qui mène un combat politique pour le Droit des Femmes et qui organise aussi des centres de conseils sanitaires. Khulumani exige entre autres que la justice, la politique et la société reconnaissent que la violence sexuelle est employée comme une arme, et cela pas seulement en période de guerre. 

Par ailleurs, Nomarussia Bonase s’engage aussi pour les veuves dont les hommes ont été abattus par la police lors des grèves de mineurs à Marikana en 2012. En Afrique du Sud, les femmes ne sont que rarement considérées comme des individus indépendants et encore moins comme des activistes, mais avant tout comme des épouses et des mères.

 En raison de son engagement pour les droits des Femmes, Nomarussia Bonase  a reçu ce vendredi 3 mars 2017, le „Prix des Femmes Anne Klein“ de la fondation allemande Heinrich-Böll…

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