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Afro-presse (hebdomadaire)

Du football et du sang

Plusieurs thèmes ont retenu l'attention de la presse allemande cette semaine: les attaques qui ont visé les amateurs de foot en plein Mondial et les stratégies de la Namibie face à son puissant voisin sud-africain.

À Mpeketoni, au Kenya, les shebabs somaliens ont mené des attaques faisant une cinquantaine de morts

À Mpeketoni, au Kenya, les shebabs somaliens ont mené des attaques faisant une cinquantaine de morts

Die Welt fait un lien entre les attentats qui ont frappé le Nigeria et le Kenya : c'est celui du football, honni à la fois par Boko Haram et par les shebabs somaliens. Au Kenya, dimanche dernier, une cinquantaine de personnes sont mortes dans l'attaque de leurs hôtels dans une station balnéaire. La plupart des victimes avait regardé un match de la Coupe du Monde, note Die Welt. Les shebabs, liés à Al-Qaïda, qui ont revendiqué l'attaque au Kenya, ont interdit le football dans plusieurs régions de la Somalie. Des exceptions existent, mais seulement pour les hommes et ils doivent porter des chemises à manches longues et des pantalons. Les matchs doivent s'achever quinze minutes avant le début de la prière. Mardi, dans la province de Yobe, au nord du Nigeria, une bombe a explosé au milieu de la foule qui regardait sur grand écran un match de la Coupe du Monde de football, au Brésil. Bilan : 21 morts. Pour les membres de la secte islamiste Boko Haram, au Nigeria, le foot « est une perversion de l'Occident », en oubliant la dimension mondiale de ce sport, fait remarquer le journal. Cette attaque qui vise les amateurs du ballon rond est loin d'être la première au Nigeria. Début juin, au moins 40 personnes ont été tuées quand une bombe a explosé après un match de football à Mubi dans l'État d'Adamawa. Début mai, une autre attaque a visé un bar où des matchs étaient retransmis, toujours dans la même ville. Et à chaque fois, c'est Boko Haram qui était soupçonné, souligne Die Welt.

Le football est un facteur d'unification du Nigeria

Au Nigeria, Boko Haram a causé un attentat dans un lieu où des matchs de la Coupe du Monde étaient retransmis

Au Nigeria, Boko Haram a causé un attentat dans un lieu où des matchs de la Coupe du Monde étaient retransmis

Avec ces attaques, la secte islamiste fait régner la peur. Alors que le football est le facteur le plus important d'unification d'un pays de 170 millions d'habitants, aux 250 ethnies et autant de langues, poursuit die tageszeitung. Les fans de football sont morts à cause de leur passion. Le reportage cite l'ex-entraîneur de l'équipe nationale de football féminin, Ismaila Mabo, pour qui « le football unit les Nigerians. Quand vous regardez un match, vous-vous moquez de savoir si un chrétien est assis à côté d'un musulman, si un Yoruba est assis à côté de quelqu'un qui parle haoussa. Nous sommes un.» Le chercheur en sciences sociales Usman Mohammed, va aussi dans ce sens, en assurant que l'équipe nationale, les Super Eagles sont à part . « Ils doivent encaisser des défaites et arrivent toujours à se retaper. Personne ne plaisante avec cela. » Mais ils ont tout de même failli avec leur match nul face à l'Iran, alors que tout le monde prédisait la victoire, écrit le journal berlinois. Malgré tout, les fans continuent de porter le maillot des Super Eagles et presque tout le monde a une opinion sur les matches.

Windhoek veut s'affranchir du Cap

Une ligne de chemin de fer de 1500 kilomètres de long va relier le Botswana et le port namibien de Walvis Bay à travers le Kalahari

Une ligne de chemin de fer de 1500 kilomètres de long va relier le Botswana et le port namibien de Walvis Bay à travers le Kalahari

La Namibie a retenu l'attention de la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour sa lutte contre sa dépendance envers l'économie sud-africaine. Une dépendance dont la Namibie veut désormais s'affranchir, nous apprend le journal. Le pays aux deux millions deux cents mille habitants a mis au point un programme pour attirer les investisseurs étrangers, en particulier allemands, déjà très présents dans le ciment par exemple. Un programme intitulé « Vision 2030 « pour industrialiser le pays et diversifier l'économie, encore très basée sur les matières premières. Mais pour cela, il va falloir s'affranchir du grand voisin omniprésent, l'Afrique du Sud. Près de 80% des importations proviennent du Cap, comme l'essence; la plupart des banques sont sud-africaines et quand un Namibien est malade, il va se faire soigner … à Johannesbourg ou au Cap ! détaille la FAZ. Mais Windhoek a aussi des avantages pour les entrepreneurs: les troubles sociaux y sont moins nombreux qu'au Cap, les syndicats y sont « plus raisonnables », écrit le quotidien et la corruption un peu moins présente. La Namibie accueille le plus gros investissement chinois en Afrique (2 milliards de dollars pour exploiter une mine d'uranium), sa croissance tourne autour de 5% à 6% par an. Sans pour autant créer suffisamment d'emplois car les matières premières ne sont pas traitées sur place, mais à l'étranger. La Namibie compte sur l'extension du port de Walvis Bay pour booster son économie. Les marchandises vont continuer de rejoindre le marché sud-africain. Mais la Namibie veut développer d'autres axes, assure la Frankfurter Allgemeine Zeitung, vers l'Angola (et son pétrole), la Zambie et la province congolaise du Katanga pour leurs importants gisements de cuivre. Le trajet y est plus court qu'en partant de Durban. Sans oublier qu'une ligne de chemin de fer longue de 1500 kilomètres à travers le désert du Kalahari va être construite. Objectif : transporter le charbon extrait au Botswana et destiné à la Chine via le port de Walvis Bay. «Le sud de l'Afrique est en train de découvrir que la dépendance vis-à-vis de l'Afrique du Sud n'est pas gravée dans le marbre », conclut le quotidien de Francfort.

Le président chinois Xi Jinping s'est rendu en Tanzanie au mois de mars dernier

Le président chinois Xi Jinping s'est rendu en Tanzanie au mois de mars dernier

La Frankfurter Allgemeine Zeitung s'intéresse aussi à la politique africaine de la Chine, notamment à l'attention des étudiants. Aujourd'hui, la Chine utilise la promotion des étudiants africains comme son « soft power », son pouvoir doux ou discret, pour parfaire ses engagements économiques sur le continent et améliorer son image, écrit le journal. Cela participe à une stratégie globale : la Chine ne veut plus seulement investir dans les routes et les mines, mais aussi dans les lieux de loisirs et de sport en Afrique. Fin 2013, selon les chiffres officiels, 33 000 étudiants africains étaient en Chine, soit environ un cinquième du nombre total des étudiants étrangers en Chine. L'an prochain, Pékin compte proposer 18 000 bourses de plus à l'attention des étudiants africains. L'opération séduction ne s'arrête pas là : la Chine offre des séminaires pour les représentants des gouvernements des États africains. Les journalistes sont aussi des cibles de choix : l'université des sciences de la communication à Beijing propose un Master d'une année pour les journalistes africains afin qu'ils puissent «en savoir plus sur la vraie Chine», rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Jusqu'ici, 42 journalistes de 19 pays africains y ont participé. Selon le président de l'université, les journalistes sortent de là avec la capacité de propager des « faits objectifs » sur la Chine.

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