Dr. Charlotte Mannya Maxeke : la mère de la libération noire en Afrique du Sud | Histoire africaine | DW | 12.04.2018
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Racines d'Afrique

Dr. Charlotte Mannya Maxeke : la mère de la libération noire en Afrique du Sud

Surnommée "Mère de la liberté noire en Afrique du Sud", Charlotte Mannya Maxeke a longtemps été ignorée par l'Histoire. Ses contributions pour l'éducation ou les droits des femmes sont mises en avant depuis peu.

Écouter l'audio 05:10

Charlotte Mexeke : le portrait audio

Née le 7 avril 1871, ou peut-être en 1874, Charlotte Mannya Maxeke n'a pas un certificat de naissance très précis. Non seulement l'année, mais aussi son lieu de naissance, sont sources de discorde.

Certains affirment qu'elle aurait vu le jour à Fort Beaufort, dans la province du Cap-Oriental. Mais d'autres prétendent qu'elle est née dans le district de Polokwane, dans la province de Limpopo.

Sa fin de vie est plus claire : elle est décédée le 16 octobre 1939, et son éloge aurait été conclue par les mots : "Elle était l'amie de tout le monde et l'ennemie de personne".

Une brillante étudiante

Charlotte Mannya Maxeke était renommée pour beaucoup de choses : sa voix chantante, son travail pour l'église et les droits des femmes, son talent oratoire exceptionnel... Mais elle est surtout mise en avant comme la toute première femme noire africaine à être allée à l'université et à avoir obtenu un diplôme.

Charlotte Mannya Maxeke était une membre précoce et très active du Congrès national africain (ANC). Elle fut d'ailleurs une des premières membres féminines du parti et -chose que l'Histoire n'a pas retenue- la seule femme présente lors du lancement de l'ANC.

Alors encore vice-président, Cyril Ramaphosa s'exprimant lors du lancement du "projet Maxeke Memory" en octobre 2015, a déclaré qu'elle était une si grande oratrice que l'un des premiers présidents de l'ANC, le révérend Mahabane, a rejoint le parti après l'avoir entendue.

Avant cela, au début des années 1920, quand les femmes blanches étaient rarement amenées à remplir un tel rôle, elle est appelée par le ministère de l'Éducation à Johannesburg pour témoigner comme experte dans certaines matières. Elle sera finalement employée comme experte auprès d'un juge pour enfants.

Ses inspiration ses échanges

C'est pendant son séjour à l'Université de Wilberforce en Ohio, aux États-Unis, que la jeune Charlotte Mmakgomo Mannya, élevée dans une forte tradition chrétienne, décide de rejoindre l'Église méthodiste épiscopale africaine (AME) qui dirige l'université de Wilberforce.

L'église afro-américaine luttera pour l'égalité raciale, une mission qui se poursuit aujourd'hui. Charlotte écrit aussi, depuis sa maison en Afrique du Sud, avant qu'un oncle, qui était un membre de l'Eglise méthodiste, ne l'invite en Afrique du Sud pour entamer une mission dans le pays en 1896.

Des citations célèbres

(Extrait d'un de ses discours, trouvé par Zubeida Jaffer): "Permettez-moi de vous dire ceci Mesdames : c'est la beauté du cœur et la bonne conduite qui resteront jusqu'à ce que vous alliez au tombeau. La beauté est adorable lorsqu'elle est accompagnée d'autres bonnes choses. Essayez d'exercer votre maîtrise de vous-même... "

Aux hommes, elle déclare : "Nous voulons des hommes qui sont le salut des jeunes filles de leur nation, qui peuvent compter sur leur présence; nous avons besoin d'hommes qui s'humilient, afin que la nation puisse les élever pour être les stars de l'Afrique pour les générations futures. C'est ce que l'Afrique veut. C'est ce pour quoi les femmes africaines pleurent et prient."

Un héritage important

Le travail de Charlotte Mannya Maxeke a représenté un tournant extrêmement important pour l'organisation des femmes et la poursuite du combat pour leurs droits en Afrique du Sud.

Son statut de "seule Africaine éduquée en Afrique du Sud" (citation de Hastings Kamuzu Banda) et le respect qu'elle imposait aux dirigeants africains et européens de l'époque ont non seulement été sources d'inspiration pour les femmes, mais aussi pour "des générations de leaders masculins" (citation de Cyril Ramaphosa). Des leaders qui aspiraient à l'éducation et à l'autonomie de tous les habitants d'Afrique du Sud.

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Jackie Wilson, Julia Jaki et Philipp Sandner ont contribué à ce récit qui fait partie de la série "Racines d'Afrique". Une série lancée début 2018 par la Deutsche Welle, en coopération avec la Fondation Gerda Henkel.

Audios et vidéos sur le sujet

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