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Vu d'Allemagne

Dialogue et intégration...

Outre les grands dossiers internationaux, la presse allemande de mercredi revient sur la conférence sur l'islam dirigée pour la première fois par Hans-Peter Friedrich, le nouveau ministre allemand de l'Intérieur.

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Hans-Peter Friedrich, le nouveau ministre de l'Intérieur, et Hamideh Mohagheghi, théologienne de l'islam

Si cette conférence sur l'islam avait pour objectif une meilleure intégration des musulmans dans la société allemande, la rencontre d'hier est alors un coup d'épée dans l'eau, analyse die Welt. A la table de conférence, Hans-Peter Friedrich, le ministre fédéral de l'Intérieur, a dû affronter la méfiance non dissimulée manifestée par les représentants des associations musulmanes. Une hostilité qui s'explique par sa déclaration controversée selon laquelle, si les musulmans font partie de l'Allemagne, ce n'est pas le cas de l'islam. Cette année, la conférence sur l'islam a pris un air de rébellion contre son hôte.

Deutschland Islam Konferenz in Berlin Wolfgang Schäuble Pressekonferenz

Initiative de Wolfgang Schäuble, la conférence sur l'islam était un signe fort en faveur de l'intégration des musulmans en Allemagne

Même critique dans la Frankfurter Rundschau. En lançant brusquement l'idée de faire de cette conférence un sommet sur la lutte contre le terrorisme, Hans-Peter Friedrich a de nouveau heurté ses interlocuteurs. Certains participants ont refusé tout de go d'être instrumentalisés en tant qu'agences de dénonciation. Pour Wolfgang Schäuble, cette conférence était une démarche ouverte à l'issue de laquelle les musulmans plus que les non-musulmans devaient décider de la forme que devait prendre leur participation, et ainsi leur intégration, à la société allemande. Cette ouverture semble s'être dissoute au fil du temps.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung est plus pragmatique. Chaque ministre de l'Intérieur a son propre style. Wolfgang Schäuble avait créé cette conférence pour accorder au dossier le plus délicat de la politique allemande d'intégration la place qui lui revenait. Son successeur, Thomas de Maizière, qui voulait que l'État allemand formule ses attentes à l'égard des associations musulmanes tout en enregistrant leurs propositions et leurs exigences, tenait les rênes d'une main un peu plus ferme. Monsieur Friedrich, lui, ne veut plus se contenter de parler d'intégration mais attend des musulmans allemands qu'ils assument leurs obligations de citoyens de ce pays.

Bambi 2010 Özil

Mesut Özil, membre du onze national allemand, et Nazan Eckes, présentatrice de télévision, sont deux symboles de l'intégration réussie des Turcs en Allemagne

L'idée de Wolfgang Schäuble, l'ancien ministre allemand de l'Intérieur, était grandiose, raconte la Tageszeitung. Sa déclaration devant le Parlement allemand - « L'Islam fait partie de l'Allemagne et de l'Europe, il partage notre présent et notre avenir » - était un symbole extraordinaire. Ce signal et un dialogue d'égal à égal donnaient tout son sens à cette conférence, même si l'État allemand ne peut pas résoudre tous les problèmes.

L'enseignement de l'islam dans les écoles relève de la compétence des régions et la construction de mosquées est l'affaire des communes. Malgré tout, cette conférence aurait pu rester symbole de confiance. Si elle avait un sens avec un Wolfgang Schäuble, elle devient par contre superflue avec un Hans-Peter Friedrich. Le ministère de l'Intérieur devrait y mettre fin.

Auteur : Christophe Lascombes
Édition : Yann Durand

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