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Afrique

Des obstacles à la suppression des visas dans la zone CEMAC

Une récente mesure à été votée concernant la libre circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, mais elle est loin de satisfaire les usagers sur place.

Écouter l'audio 02:15

"Les contrôles routiers sont excessivement chers" (Oumarou Baba,Transporteur)

La Communauté économique et monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC), fait ses adieux aux visas longtemps exigés aux citoyens en déplacement dans l’un ou l’autre des six pays de la sous-région. C’est ce qui ressort des nombreuses notes officielles publiées tout au long du mois d’octobre alors que mardi, s'ouvre le sommet des Chefs d’Etat de l'organisation à N’djamena au Tchad. 
Mais il semble que malgré certains avantages, cette mesure n’implique pas automatiquement la libre circulation des personnes et des biens.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité

Abanya Sani Yaya, la cinquantaine, transporte les marchandises du port de Douala à N’Djamena. Le camionneur indique qu’il reste encore des embûches graves à la libre circulation des personnes et des biens. De Ngaoundéré à Touboro par exemple, c’est-à-dire sur moins de 300 km, Abanya Sani relève plus de cinq postes de contrôles payants. Il déplore ainsi d’importantes sommes d’argent dépensées sans traces, du côté camerounais du corridor : "Quitter Douala et arriver à Kousseri, pas moins de 150.000 francs de dépenses. Côté Tchad, à part la frontière, il n’y a rien comme contrôle. Dès que vous passez la frontière, même si c’est 25.000 ou 30.000 francs, c’est à la frontière que vous payez. De l’autre côté, il n’y a plus rien" explique-t-il.

Oumarou Baba, lui, est un habitué des voyages de Douala à Brazzaville par voie terrestre. Il décrie la même situation du côté congolais : "Les transporteurs dépensent excessivement sur le trajet. Pour le péage c’est passable, parce qu’ils ont un seul péage sur 945 km qui coûte 3.500 francs. Mais pour les frais de route avec les contrôles routiers là-bas, c’est excessivement cher. Tu peux y aller, et tu dépenses dans les 300.000 francs, avec les papiers" s'indigne le transporteur.

En route vers l'intégration sous-régionale

Mais pour Ibrahim Zakari, le directeur du Centre du Commerce Extérieur et des Relations Extérieures, une structure privée, la suppression des visas constitue déjà un grand bond dans la longue marche vers l’intégration sous-régionale : " Vous vous souvenez des temps perdus, des rendez-vous manqués, des pertes d’argent, et des projets morts-nés pour cause de visa entre pays de la CEMAC. Ces échecs vont s’éloigner dans le passé. Les chiffres d’affaires vont gonfler. La balance commerciale va s’améliorer. La CEMAC va constituer un bloc économique plus fort et plus compétitif."

Avec cette suppression des visas, Ibrahim Zakari parle d’une chance de mutualisation des atouts: "Les points de convergence vont être plus visibles au point social, économique, culturel, politique et diplomatique. Ensemble, les pays de la CEMAC vont renforcer leurs capacités à assumer les engagements pris il y a quelques temps devant les bailleurs internationaux, notamment le FMI." 
D'aucuns estiment que l’insécurité et les contraintes sécuritaires risquent aussi d’atténuer l’effet dynamique de la suppression des visas entre pays de la CEMAC.

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