1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

Europe

Des nouveaux syndicats version "mini"

La presse allemande les appelle les « mini-syndicats », des syndicats qui remportent une large adhésion... Les médecins hospitaliers, les pilotes de ligne et maintenant les conducteurs de train négocient de cette façon des conventions collectives particulières plus avantageuses que les conventions de branche auprès de leur employeur. La direction de la Deutsche Bahn, soucieuse d’éviter une grève, négocie actuellement avec le GDL l’ébauche d’une convention collective pour les seuls conducteurs de train.

Manifestation du syndicat GDL

Manifestation du syndicat GDL

A 41 ans Michael Kretschmann a passé la moitié de sa vie derrière le tableau de bord d’une locomotive. Après avoir échappé aux lourdes restructurations qui ont touché les cheminots de l’Est juste après la Réunification, il rejoint en 1993 la société ferroviaire ouest-allemande qui est devenue la Deutsche Bahn.

Depuis Michael Kretschmann conduit des trains qui vont plus loin, plus vite, qui sont plus chers aussi pour les usagers, et qui font de la Deutsche Bahn une entreprise profitable... Mais pour lui, cette évolution ne s’est pas traduite en terme de statut ni de salaires.

"Un conducteur de train de la Deutsche Bahn gagne 2140 euros brut par mois. Qu’il conduise un ICE, le train à grande vitesse, ou un train de banlieue. A quoi s’ajoutent quelques primes qui ne vont pas chercher bien loin. Et ce salaire , c’est celui que vous touchez en fin de carrière !"

A chaque profession son syndicat

Et c’est bien ce mécontentement qui explique la fronde menée contre la direction de la Deutsche Bahn par le GDL , un syndicat qui s’adresse au personnel roulant de l’entreprise et notamment aux conducteurs de train. Un syndicat particulier pour une profession particulière estime Michael Kretschmann :

"Montrez-moi un vendeur de ticket à la Deutsche Bahn qui doit prendre son travail à 3h47. ... ou bien quelqu’un du service administratif qui une fois par semaine doit être à la disposition de son employeur sans que ce temps lui soit payé – c’est notre cas quand nous devons coucher en dehors de Berlin . Sur ces points particuliers, il n’y a que le GDL qui soit actif car ses adhérents sont les seuls qui supportent ces inconvénients. "

Huit conducteurs de train sur dix sont syndiqués GDL....alors cette légitimité, la direction de la Deutsche Bahn a bien dû la reconnaître. Pour éloigner le spectre d’une grève dure, elle négocie actuellement avec le syndicat GDL qui demande un salaire de 2500 euros bruts pour les débutants ... et surtout la signature d’une convention collective particulière pour les conducteurs de train, ce qui en Allemagne est plutôt mal vu. Il n’y a qu’à écouter Reinhard Dombre un syndicaliste de la vieille école, celle du DGB, la puissante confédération des syndicats allemands – à laquelle n’appartient pas le GDL.

"Dans une entreprise, les négociations salariales doivent essayer de s’adresser à l’ensemble du personnel et rejeter les solutions particulières. Regardez ce qui se passe avec le syndicat de médecins du Marburger Bund . Ils obtiennent peut-être des succès à court terme pour les médecins du secteur hospitalier. Et les autres alors? Une infirmière porte une très forte responsabilité, elle aussi. A négocier un accord avec une catégorie de salariés seulement, on risque de créer des tensions au sein d’une entreprise."

Discussions ou tensions?

Le Marburger Bund pour les médecins, le syndicat Cockpit pour les pilotes et maintenant le GDL pour les conducteurs de train. ... Tous ces mini-syndicats – comme les appelle la presse allemande - sont nés des frustrations ressenties à l’égard des syndicats traditionnels, accusés de se plier un peu trop docilement aux propositions patronales. Du coup, dans le cas du conflit ferroviaire, le syndicat Transnet affilié au DGB négocie pour l’ensemble du personnel excepté les conducteurs, faute de représentativité suffisante. Certains y voient un risque de complication du dialogue social, Anke Hassel, chercheuse en économie sociale estime que cette concurrence syndicale devrait finalement bénéficier aux salariés :

"Plus la Deutsche Bahn fera de concessions au syndicat GDL, plus Transnet l’autre syndicat sera obligé d’être exigeant envers la direction. ... afin de ne pas perdre ses adhérents, même s’ils ne sont pas conducteurs de train . La tendance c’est que les grands syndicats seront soumis à la concurrence accrue des petites structures."

Jusqu’au 30 septembre, la Deutsche Bahn et le syndicat GDL sont en négociations. Si d’ici là aucune entente n’est trouvée, le GDL pourrait fort déclencher la grève.

Ecoutez aussi dans cette émission:

  • Pays-Bas

Un syndicat qui recrute sur Internet a réussi à toucher une population habituellement peu syndiquée.

  • Ukraine

Zoom sur la fête de Roch Hachana en Ukraine. Des milliers de juifs venus d'Europe, d'Israel et des Etats-Unis ont fêté le nouvel an juif à Uman.