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Afrique

Des experts européens au Sénégal pour le procès d'Habré

Qu'il s'agisse de l'accord de paix entre le pouvoir et la rébellion, de la préparation du déploiement de la force de paix européenne dans l'est du pays, ou de l'affaire du trafic présumé d'enfants, le Tchad est largement présent dans les médias. On a un peu oublié le sort de celui qui a été renversé par l'actuel président Idriss Déby Itno. Or ce mois-ci des experts de l'Union européenne vont se rendre à Dakar pour aider le Sénégal à préparer le procès de Hissène Habré.

Ce procès, les victimes de Hissène Habré l'attendent depuis 17 ans, depuis sa chute donc et sa fuite au Sénégal. Au Tchad une commission d'enquête nationale lui a imputé la responsabilité, pendant ses huit années de pouvoir, de 40 000 assassinats politiques et 200 000 cas de torture. Souleymane Guengueng par exemple a passé plus de deux ans dans les prisons de Hissène Habré et a créé l'Association tchadienne des victimes des crimes et répressions politiques:

"On tient coûte que coûte à ce jugement depuis qu'on a porté plainte en 2000. Il y a des gens qui sont venus au Sénégal. Ils sont morts. Il y en a déjà deux."

Ce premier procès, pour crimes contre l'humanité, tournera court. En 2001 la justice sénégalaise se déclare incompétente pour juger Hissène Habré. Les victimes se tournent alors vers la justice belge qui, en 2005, lance un mandat d'arrêt international contre l'ex-dictateur. Mais cette fois-ci la justice sénégalaise se déclare incompétente pour statuer sur la demande d'extradition, et l'affaire est confiée à l'Union africaine. Reed Brody, de Human Rights Watch:

"L'Union africaine a nommé une équipe de juristes. Ils ont conclu que le Sénégal, conformément à la convention de l'ONU contre la torture, était tenu soit d'inculper Hissène Habré, soit de l'extrader. S'il n'était pas extradé, il devait être jugé au Sénégal, au nom de l'Afrique."

L'Union africaine opte finalement pour une solution africaine et demande donc au Sénégal de juger Hissène Habré. Cette demande, elle remonte à juillet 2006. Depuis, le Sénégal a amendé sa législation. Un projet de loi a été adopté pour modifier la cour d'assise. Mais il n'a toujours pas été voté, et les victimes s'impatientent. Jacqueline Moudeina est avocate des parties civiles:

"Nous avons remarqué qu'il y a très peu de volonté politique de faire avancer les choses. Nous arrivons à la fin 2007 sans que l'instruction de l'affaire ne commence et nous souhaiterions que tout cela se passe dans un délai raisonnable pour permettre aux victimes d'accéder à la justice."

Une justice qui s'annonce coûteuse, raison pour laquelle les experts européens vont évaluer l'assistance technique et financière à apporter au Sénégal.


  • Date 31.10.2007
  • Auteur Marie-Ange Pioerron
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