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Vu d'Allemagne

Dehors, les diplomates !

Le massacre de Houla a choqué la communauté internationale sans doute plus qu'aucun autre depuis le début du soulèvement en Syrie. Et la lecture de la presse allemande le confirme : la diplomatie a échoué.

Dans les kiosques ce mercredi, la première page de die tageszeitung n'aura pas manqué d'attirer l'attention des passants. Une caricature nous montre le président syrien Bachar al-Assad, en tête à tête avec Kofi Annan, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe. Les deux hommes sont visiblement en pourparlers mais pas dans un bureau, non c'est sur un champ de crânes humains qu'ils sont installés. Et Kofi Annan de demander : « Pourquoi est-ce si silencieux ici ? »

Massaker in Hula

Le massacre de Houla, contrairement à celui de Hama en 1982, a été largement médiatisé

L'éditorial du journal commence ainsi : Kofi Annan ne peut plus désormais sauver la tête du dictateur syrien Bachar al-Assad. Les démentis douteux de ses fidèles, qui nient toute implication dans le massacre de Houla, ne convainquent plus personne.

Die Welt n'hésite pas à parler du "Srebrenica syrien", en référence au massacre d'au moins 6.000 hommes et adolescents bosniaques en 1995, pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Le meurtre d'enfants symbolise plus que tout autre acte la perte d'humanité et la faillite morale. Toutefois, le journal croit encore à la mission de Kofi Annan.

Il n'est pas trop tard pour une solution à la yéménite, c'est-à-dire un retrait du clan Assad contre l'assurance d'un asile politique. Bien sûr, pour certains, c'est une solution douloureuse de voir quelqu'un qui porte une telle responsabilité s'en sortir à si bon compte. Mais toute autre solution à la tragédie syrienne entraînerait des pertes humaines bien plus lourdes.

Syrien Kofi Annan Besuch 2012

Kofi Annan rencontre le chef de la diplomatie syrienne Walid al-Mouallem le 28 mai

Pour la Süddeutsche Zeitung, la crise syrienne a atteint ce stade, où l'on peut observer à quel point la diplomatie et la réalité forment parfois des mondes parallèles bien distincts. La diplomatie, ce sont les déclarations offusquées des ministères des Affaires étrangères, c'est l'expulsion de l'ambassadeur et c'est l'émissaire international, qui ne peut plus rien négocier, mais qui sert quand même des mains.

La réalité, ce sont les chars, les grenades et des criminels qui assassinent des femmes et des enfants pour le compte du régime syrien. Les moyens dont dispose le premier monde ne pourront pas stopper les meurtres dans le second.

Auteur : Sébastien Martineau
Édition : Cécile Leclerc

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