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Vu d'Allemagne

Démission d'Edouard Chevardnadze

La presse de ce matin revient sur la démission d'Edouard Chevardnadze en Géorgie. Après plusieurs semaines de pression populaire orchestrée par l'opposition, celui qu'on appelait « le renard du Caucase » a donc cédé à la rue. La presse allemande rappelle que 54% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Et aussi que le régime de Chevardnadze, au pouvoir depuis 1992, n'a pas réussi à remettre le pays sur pied depuis son indépendance. Cette démission était donc peut-être bien, de l'avis des journaux allemands, la seule alternative à l'explosion d'une guerre civile. « Je vois que la situation se serait terminée dans un bain de sang. J'aurais dû employer les pleins pouvoirs pour la régler et cela n'était pas possible. C'est pourquoi je démissionne. » C'est en ces termes que le Kölner-Stadtanzeiger rapporte les propos du président géorgien sortant. Le journal rappelle la tension extrême qui régnait ces derniers temps dans le pays, surtout depuis que les députés de l'opposition, conduits par Mikhail Saakachvili, en étaient venus aux poings, au Parlement, samedi dernier. Le quotidien rappelle que si le truquage des élections du 2 novembre a été, certes, l'élément déclencheur de la crise politique en Géorgie, la situation était déjà explosive depuis plusieurs années. La Thüringer Allgemeine est du même avis. Elle compare au passage le pays à une « cocotte-minute sous pression ». Le Kölner-Stadtanzeiger souligne également le népotisme en vigueur en Géorgie, ainsi que les craintes des Etats-unis et de la Russie de voir le pays se commuer en terre d'accueil pour rebelles tchétchènes. Il présente donc cette démission comme la seule solution contre une guerre civile, qui n'aurait arrangé personne, et surtout pas les Etats-unis, puisque le pétrole du bassin caspien transite par la Géorgie.

La Frankfurter Allgemeine Zeitung compare quant à elle la situation à Tbilissi avec celle de Belgrade il y a trois ans. Manipulations électorales, manifestations de masse et un président qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive. Milosevic aussi, comme Chevardnadze, était persuadé jusqu'au bout que le pays avait besoin de lui.

Ca n'est pas Belgrade mais Prague qui sert de comparaison à la Süddeutsche Zeitung . Et plus spécialement bien sûr la Révolution de velours, à laquelle le leader géorgien de l'opposition a d'ailleurs fait lui-même allusion. Mais la Süddeutsche Zeitung explique elle aussi que la succession de Chevardnadze va poser problème. Le journal de Munich présente le héraut de la révolte de ces dernières semaines, Mikhail Saakachvili comme un populiste opportuniste et surtout extrêmement nationaliste, ce qui pourrait amener de nouvelles tensions dans le petit pays caucasien, déjà en proie à des conflits ethniques. Il suffit pour s'en convaincre de se souvenir notamment du conflit abkhaze, de 1992 à 1993, et de ses milliers de victimes.

Un avis partagé par le Tagesspiegel de Berlin qui dit que la Géorgie se retrouve désormais devant un « vide » politique. Et pour finir signalons également le pessimisme de la Frankfurter Rundschau . Le quotidien de Francfort remarque que dans le chaos actuel, le pays est désormais tombé aux mains de stratèges, nationaux et étrangers, faisant davantage montre d'appétits géopolitiques que de scrupules pour le bien de la population.

  • Date 24.11.2003
  • Auteur Sandrine Blanchard
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