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Vu d'Allemagne

Décès du général Pinochet

Le décès hier de l’ancien dictateur militaire Augusto Pinochet a trouvé un écho partagé au sein de la population chilienne. Dans la presse allemande par contre, les commentaires sont unanimes : la disparition sans procès de l’ex-général tortionnaire ne mettra pas un point final au processus de travail sur le passé au Chili.

L'ancien patron de la junte chilienne est mort hier sans avoir du rendre compte de ses méfaits devant la justice des hommes.

L'ancien patron de la junte chilienne est mort hier sans avoir du rendre compte de ses méfaits devant la justice des hommes.

Sous le titre « La dialectique du Mal », Die Welt range l’ex-général chilien dans la triste galerie de portraits des dictateurs qui ont défiguré le XXe siècle. Moins monstrueux que Staline, Hitler ou Pol Pot, moins hystérique qu’Idi Amin Dada ou Mussolini, Augusto Pinochet était de la race des tyrans rationnels, des despotes sanglants persuadés d’accomplir seulement leur travail. C’est cette absence de toute émotion qui rendait Pinochet monstrueux.

C’était en outre un menteur particulièrement odieux, reprend la Frankfurter Rundschau. Alors qu’il se vantait, peu de temps encore avant sa mort, d’assumer l’entière responsabilité des actes de son régime, il a pourtant réussi à se tirer d’affaire à chaque fois que la justice a voulu le placer devant ses responsabilités. De fait, la disparition de l’ex-dictateur est amère non seulement pour ses victimes, mais aussi pour le pays tout entier.

Entre-temps pourtant, relève la Tageszeitung, de Berlin, même la droite chilienne a perdu tout respect vis-à-vis de son ancien leader. On a en effet appris que Pinochet et sa famille se sont rendus coupables de malversations à grande échelle. Il n’était donc pas seulement le chef d’une bande d’assassins mais en plus un voyou méprisable.

N’oublions pas non plus tous ceux qui l’ont aidé, rappelle la Süddeutsche Zeitung. A l’époque, dans la lutte de Washington contre le communisme, la CIA et Henry Kissinger, lauréat du prix Nobel de la Paix, étaient les plus grands alliés de la dictature chilienne. La RFA aussi n’a pas de quoi être fière. La secte allemande Colonia Dignidad dans le sud chilien était un centre de répression aux ordres de la dictature sans qu’à l’époque Bonn s’en soit particulièrement ému.

La mort du dictateur ouvre cependant un nouveau chapitre de l’histoire du Chili, conclut le Fränkische Tag. Avec Michelle Bachelet, le pays dispose à sa tête d’une femme courageuse qui fut en son temps une victime des tortionnaires de Pinochet. La présidente chilienne pourrait bien jouer pour son pays le rôle qu’a eu Nelson Mandela pour l’Afrique du Sud.

  • Date 12.12.2006
  • Auteur Christophe LASCOMBES
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