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Afrique

Début du procès fleuve de Boko Haram au Nigeria

Quelque 1.600 combattants du groupe armé Boko Haram vont comparaître devant la justice à partir de ce lundi. La particularité est que les procédures sont individuelles.

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Des combattants présumés de Boko Haram appelés à comparaître au Nigeria

Pour beaucoup d'observateurs, c'est un procès mal préparé qui s'annonce. Le procès est critiqué avant même d'avoir commencé. Il y a quelques semaines, c'est le ministre de la justice Abubakar Malami lui-même qui a dit craindre que dans plusieurs cas, les preuves soient insuffisantes et qu'il n'y ait quasiment pas le personnel qualifié pour mener des enquêtes sur un dossier aussi complexe que celui du terrorisme. Mais le juriste nigérian Umar Mainasara pointe d'autres éléments qui expliquent son scepticisme face à un tel procès.

"Le fait de mettre quatre juges sur autant de dossiers est un problème. Leur nombre devrait être plus élevé. Deuxièmement, il devrait y avoir suffisamment de garanties de protection pour les témoins et les membres du parquet. Et plus important encore, il devrait y avoir une excellente synergie entre le parquet et les enquêteurs" explique t'il. 

Certains avocats de la défense expriment aussi des inquiétudes. C'est le cas du criminologue Mohammed Tola. C'est la première fois qu'il va défendre des personnes accusées d'actes de terrorisme. Son appréhension concerne la recherche de preuves. Il craint que les enquêteurs recourent comme il est déjà arrivé dans le passé à des méthodes illégales pour extorquer des aveux aux accusés:

"J'ai connu des cas où il y avait des traces de sang sur les documents portant les déclarations de suspects. Cela prouve qu'il y a eu de la torture" raconte Mohammed Tola.  

Voilà pourquoi beaucoup craignent que même des innocents soient reconnus coupables à la fin, surtout dans un contexte où la pression populaire est forte. 

 Nigeria UN Camp in Maiduguri (picture alliance/dpa/AP/S. Alamba)

Les violences de Boko Haram ont poussé des milliers de personnes à se déplacer dans des camps de réfugiés.

Un long procès en perspective

Une juridiction spéciale dotée de moyens adéquats aurait été une bonne solution pour prévenir d'éventuels abus, estime le juriste Umar Mainasara.

"Il aurait été plus confortable que des cours spéciales soient chargées des affaires liées à l'insurrection, le banditisme armé ou le kidnapping. On leur donne un délai de quatre semaines maximum pour rendre leur jugement. Les procédures qui traînent ne sont pas bien. Car cela entraîne généralement un déni de justice."

Le procès qui commence ce lundi promet justement d'être long. Si les tribunaux nigérians jugent actuellement des cas de terrorisme, c'est la première fois que la justice enregistre un nombre si élevé de dossiers.

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