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Vu d'Allemagne

Comment créer 20 millions d'emplois par an en Afrique

L'Institut allemand pour le développement fait des recommandations au ministère de la Coopération pour développer les économies subsahariennes. Les maîtres-mots: diversification et investissements dans le secteur privé.

"Il est possible de créer 20 millions d'emplois chaque année en Afrique", a déclaré Gerd Müller, le ministre allemand de la Coopération. Celui-ci rencontrait aujourd'hui à Berlin des think tanks africains et représentants des fondations allemandes. Ces conclusions reposent sur un rapport du DIE, l'Institut allemand pour le développement, pour qui la clef de l'emploi en Afrique est de développer le secteur privé en priorité. 


Entwicklungsminister Müller in Kenia (picture-alliance/dpa/B. Otieno)

Le ministre allemand de la Coopération, Gerd Müller, dans une usine au Kenya

Augmenter la productivité


Plus que du chômage, l'Afrique souffre du sous-emploi, d'un manque de productivité et de la précarité, trois problèmes auxquels il faut remédier, selon le rapport du DIE.

L'Afrique aurait en effet besoin de créer entre 18 et 20 millions d'emplois par an d'ici 2035, d'après les estimations du FMI, pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.

Mais pour servir à quelque chose, il faut que ces emplois soient stables, bien payés… et l'économie diversifiée.


Renforcer le secteur privé


Etant donnée la faiblesse des Etats africains et de leurs recettes fiscales, le DIE suggère, dans la droite ligne du « Plan Marshall » pour l'Afrique établi par l'Allemagne, de développer avant tout le secteur privé et notamment les petites entreprises, quitte à conditionner l'aide au développement à l'adoption de réformes politiques et socio-économiques pour améliorer les conditions de vie des populations et attirer les investisseurs étrangers.

Hilfsprojekt im Kongo - Baustelle der neuen Universitaet in Goma. (picture alliance/M. Schmidt)

Le bâtiment, les infrastructures, les nouvelles énergies peuvent être des domaines de création d'emplois stables

Le DIE recommande de développer les transferts de compétence nord-sud, la formation et les capacités de crédit, de renforcer la paysannerie en Afrique pour assurer la subsistance de la population et augmenter les exportations grâce à des accords bilatéraux et des partenariats public/privé.
 

Une urbanisation qui peut être une chance


Mais il souligne aussi l'importance d'accompagner l'urbanisation en cours, en accord avec les objectifs de développement durable fixés par l'ONU, en garantissant par exemple à tous une protection sociale minimum et un accès à une énergie propre.

Le DIE estime aussi que plusieurs industries légères d'exportation (production de biens électroniques, de vêtements…) pourraient migrer dans les prochaines années de Chine vers l'Afrique en raison de la hausse des salaires en Asie.

 

Tansania Maria Emmanuel verkauft Zuckerrohr (DW/S. Khamis)

84% des Africain(e)s vivent d'une activité informelle

Sans oublier le secteur informel


Par ailleurs, il convient selon le DIE de prendre en compte l'importance du secteur informel, qui représente 84% des sources de revenus en Afrique subsaharienne et de tenter de mieux le relier au secteur formel de l'économie. Inutile par exemple de créer 1.000 emplois "productifs" en ouvrant une usine à chaussures ou un centre commercial, si leur implantation détruit 5.000 emplois informels dans le quartier.

A la fin de la semaine dernière, le ministère allemand de la Coopération avait déjà annoncé vouloir renforcer son partenariat avec l'AGRA, l'Alliance pour une Révolution verte en Afrique, afin là encore de promouvoir la création d'emplois stables et écologiques en Afrique subsaharienne, tout en modernisant le milieu rural.

Notons tout de même que 20 millions d'emplois ne représentent que 2% environ de la population totale du continent.

 

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