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Vu d'Allemagne

Code civil ou livre saint ?

Les réactions sont vives, en Allemagne, après le verdict prononcé par une juge de Francfort. La magistrate a en effet refusé d’accorder le divorce immédiat à une femme d’origine marocaine maltraitée par son mari. Principal argument avancé par la juge : l’Islam ne condamnerait pas ce genre de pratiques. Les associations musulmanes, ainsi que différents responsables politiques du pays, ont fait part de leur indignation. Les journaux de ce matin prennent eux aussi part au débat.

Femme voilée devant le Tribunal d'instance de Francfort-sur-le-Main

Femme voilée devant le Tribunal d'instance de Francfort-sur-le-Main

Les tribunaux allemands sont régis par le droit allemand et non par la charia islamique. Ceci est une lapalissade mais la tageszeitung croit bon de le rappeler après le procès de Francfort. Dans ce cas précis, en tout cas, il n’y avait aucune raison de se référer au coran. La taz explique que la cour devait décider de la nécessité ou non pour la plaignante d’attendre l’année de séparation habituelle avant que son divorce ne soit prononcé. Comme le rappelle le journal, le paragraphe 1565 du Code civil allemand prévoit en effet la possibilité d’un divorce immédiat en cas de « dureté inacceptable » du conjoint. Or le mari battait sa femme, ce qui est considéré comme un délit par la loi allemande. Donc, même si le droit islamique reconnaissait à l’époux d’infliger des châtiments corporels à sa femme – ce qui n’est d’ailleurs pas établi – cela ne jouerait aucun rôle dans le règlement d’un conflit devant un tribunal allemand.

Die Welt

aimerait, à l’instar du chef du groupe parlementaire conservateur Volker Kauder, que « ce cas isolé ne fasse pas école ». Cependant, écrit die Welt, il y a déjà eu des précédents : lors de jugements de crimes d’honneur, on a déjà entendu des verdicts adoucis au nom d’une soi-disant « spécificité culturelle».

La Frankfurter Allgemeine Zeitung se demande quelles étaient les intentions de la juge en se référant au coran : voulait-elle éviter de futures dépenses en soutien juridique à l’Etat ? Voulait-elle rejeter une partie de la faute sur la plaignante, qui s’était consciemment engagée dans une union manifestement régie par les préceptes du coran ? Ou bien voulait-elle mettre en évidence les us et coutumes d’une frange de la société ? La FAZ estime que quelle qu’ait été son intention, elle ne pouvait qu’échouer, étant donné que son verdict allait à l’encontre d’une femme opprimée. Alors que si la juge s’était prononcée en faveur de l’épouse, l’opinion publique n’aurait jamais eu vent des allusions de la magistrate au coran.

La Frankfurter Rundschau, publie une interview avec Ahmed Ayaou, responsable marocain d’une mosquée de Francfort. Celui-ci se réfère à la sourate 4, vers 34, citée par la juge, et estime que le coran n’autorise pas les hommes à battre leurs épouses. Pour lui, la violence conjugale est un problème de société, pas un problème de religion.

La Süddeutsche Zeitung tente d’expliquer « comment et pourquoi un pet juridique se commue en hystérie ». Tolérance, écrit la SZ, signifie que chacun est en droit de faire ce qu’il veut. Dans des limites claires cependant, celles définies, en Allemagne, par le droit allemand, et non le coran ou quel que livre saint que ce soit. Mais le quotidien fustige aussi l’inexactitude de certains commentaires journalistiques. Selon lui, bien que l’argument de la juge soit « obscène », celui qui affirme que la justice allemande obéit à l’islam, celui-là ne fait qu’attiser la haine.

  • Date 23.03.2007
  • Auteur Sandrine Blanchard
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