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Afro-presse (hebdomadaire)

Chaos en Egypte

Le grand sujet africain pour la presse allemande, c'est évidemment l'Egypte, avec le sanglant démantelement, des campements de protestation des Frères musulmans.

Bataille de rue avec tir de gaz lacrymogènes

Evacuation d'un camp de protestation

Un pays sombre dans le chaos titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui souligne dans son éditorial de première page que les dirigeants égyptiens ont opté pour la solution militaire. Ils ont fait évacuer de force les deux campements des partisans du président déchu Mohamed Morsi, et se faisant se sont accommodés de la mort de centaines de citoyens. La "rue" ne reviendra pas de sitôt au calme. Les partisans des Frères musulmans, poursuit le journal, savent trop bien qu'ils ne joueront plus de rôle politique pendant longtemps si l'ordre issu du putsch du 3 juillet se consolide. La solution militaire est sanglante, mais la solution politique est repoussée vers un avenir lointain. La marge de manoeuvre des médiateurs internationaux est épuisée.

Victimes de la répression du 14 août 2013

Victimes de la répression du 14 août 2013

« La Révolution dévore ses Frères » titre en Une die tageszeitung. La confrérie des Frères musulmans a qualifié de « massacre » l'évacuation de ses campements de protestation. Mais quel autre mot pourrait-on utiliser pour décrire ces événements, quand des manifestants pacifiques sont attaqués par des véhicules blindés, quand on leur tire dessus à balles réelles, et que l'on ne compte plus les morts et les blessés ? Au Caire, poursuit le quotidien, ce ne sont pas seulement des humains qui sont morts, c'est aussi l'espoir de voir les forces armées disposées à ramener l'Égypte vers la démocratie. Même si la version officielle, selon laquelle certains manifestants étaient armés, devait être confirmée, cela ne changerait rien au fait que jusqu'à présent, aucune violence n'était partie de ces campements. Et les forces de « sécurité » ont systématiquement réduit à néant toutes les tentatives de compromis politique. L'Egypte nous fait voir actuellement à quoi ressemble une contre-révolution.

Au lendemain des violences au Caire

Au lendemain des violences au Caire

L'armée corrige le résultat d'élections démocratiques, lit-on dans la Berliner Zeitung. Elle a d'abord destitué Mohamed Morsi puis démantelé de force les campements des partisans du président et tenté ainsi de briser la résistance des Frères musulmans. Mais ceux-ci, note le journal, ont une longue expérience de la répression et du travail dans la clandestinité. Les Frères musulmans, et plus généralement les islamistes, restent en Egypte une force politique sans laquelle aucun nouveau départ ne sera possible.

IBK, lors d'une conférence de presse le 4 août 2013

Ibrahim Boubacar Keita

Un nouveau départ qui se fera attendre estime la Süddeutsche Zeitung. Le journal parle d'une cruelle symbiose entre Etat policier et islamistes. L'Egypte est revenue au statu quo ante, à la situation d'avant le 24 janvier 2011, début de l'insurrection contre Moubarak: état d'urgence, hégémonie des militaires, ennemi intérieur, tout est là. L'Egypte, toujours soucieuse de jouer un rôle de pionnier dans la région, est devenue un facteur de risque. Le compromis ou la démocratie n'intéresse plus personne.

Vaste chantier pour IBK au Mali

L'armée allemande forme des soldats maliens

L'armée allemande forme des soldats maliens

La situation pour l'instant est plus calme au Mali. Les observateurs se sont félicités du déroulement pacifique des deux tours de l'élection présidentielle. Keita l'emporte au Mali, titre la Süddeutsche Zeitung. (Selon les résultats officiels provisoires, Ibrahim Boubacar Keita a obtenu 77,6% des voix contre 22, 3% à son rival Soumaila Cissé). Mais après une année de crise et de guerre, de gigantesques défis l'attendent. Avec sa promesse électorale de rétablir la dignité du Mali il a manifestement touché un point sensible dans la population. La candidature de Keita, rappelle le journal, a été soutenue par l'armée et des dignitaires musulmans. A présent il devra surtout faire avancer les négociations de paix avec les Touaregs et, avec l'aide d'instructeurs européens, faire de l'armée malienne une troupe performante.

Il n'est pas si fréquent, constate en substance la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qu'un perdant accepte le résultat d'élections en Afrique. C'est ce qu'a fait Soumaila Cissé. Mais le travail ne fait que commencer. Il sera difficile de reconstruire, en quelque sorte à partir du sommet, un Etat qui menaçait de s'effrondrer. Cela exigera beaucoup de doigté de la part du président Keita. Il faut espérer qu'il aura ce doigté lorsque lui même et son pays ne seront plus au centre de l'intérêt international. Par son opération militaire, la France a certes chassé les islamistes du pays, mais le problème demeure. Keita ne serait pas le premier homme politique sur le continent à s'attirer beaucoup de sympathie au début de son mandat, mais à la dilapider rapidement.

Pour le Tagesspiegel de Berlin, Ibrahim Boubacar Keita doit maintenant faire la paix entre groupes de population ennemis. Il doit aussi prouver aux donateurs internationaux que leur argent sera judicieusement utilisé au Mali. Il lui faudra combattre la criminalité organisée dans le Sahel et remettre l'économie en marche.

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