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Europe

Chaos dans les universités allemandes : la faute aux inscriptions multiples

Depuis que les universités allemandes sont autonomes, elles sélectionnent leurs étudiants. Pour augmenter leurs chances, les futurs étudiants s'inscrivent dans plusieurs universités à la fois. Résultat : le chaos règne.

La concurrence est rude en Allemagne pour obtenir une place à l'université de son choix.

La concurrence est rude en Allemagne pour obtenir une place à l'université de son choix.

Un reportage de Patrice Cuvier.

L'incertitude jusqu'à la dernière minute

Michael a 21 ans. Originaire de Brème dans le nord de l'Allemagne, il a dû s'inscrire dans trois universités à la fois pour être sûr de pouvoir commencer des études en gestion d'entreprise. C'est finalement à Cologne qu'il a été admis après deux mois d'incertitude : « Ceux qui n'ont pas eu d'excellentes notes au bac et qui tentent leur chance dans plusieurs universités ne savent pas où ils vont atterrir. C'est le chaos. J'ai une amie également originaire de Brème qui voulait étudier la médecine. Elle a appris deux jours seulement avant le début des cours qu'elle était admise à Tübingen, à 700 kilomètres de chez elle. Difficile d'organiser un déménagement et de trouver une chambre. Ce sont de très mauvaises conditions pour commencer des études. »

Des universités submergées par des candidatures pas toujours sérieuses

Trois demandes pour une place disponible, c'est le ratio à l'université de Cologne.

Trois demandes pour une place disponible, c'est le ratio à l'université de Cologne.

« Nous avons noté une très forte augmentation des inscriptions multiples au cours de ces dernières années. On est passé de 10 000 à 17 000 pour la rentrée universitaire 2007. Alors qu'il n'y a que 5000 places disponibles. C'est donc trois fois plus. Au bout du compte, une dizaine de milliers de candidats n'ont même pas l'intention de commencer des études ici. »

Autonomie des universités : le revers de la médaille

Le nombre de bacheliers désireux d'intégrer l'université est en constante augmentation.

Le nombre de bacheliers désireux d'intégrer l'université est en constante augmentation.

Depuis qu'elles sont autonomes, les universités allemandes choisissent leurs étudiants et sélectionnent donc les meilleurs. Mais le problème, c'est qu'il y a de plus en plus de bacheliers désireux de poursuivre des études. Depuis deux ans, 60% des places offertes aux futurs étudiants sont attribuées par les universités elles-mêmes. D'où un surcroît de travail pour les enseignants qui doivent choisir les candidats, comme l'explique Patrick Honecker :

« Lorsqu'un professeur doit sélectionner 80 étudiants en moyenne, pour en retenir la moitié, comme c'est le cas à Cologne, ça ne peut pas marcher. Cela demande un investissement énorme. Et pendant ce temps là, le professeur ne peut pas se consacrer à l'enseignement et à la recherche. »

Bientôt un "Office central pour la répartition des étudiants" ?

Un système centralisé pourrait être permettre de présélectionner les étudiants en fonction de leur profil.

Un système centralisé pourrait être permettre de présélectionner les étudiants en fonction de leur profil.

Victimes d'une réforme qu'elles ont elles-mêmes initiée, les universités allemandes veulent remettre en place une structure centrale pour mieux sélectionner et répartir les étudiants. Cet organisme pourtant décrié par le passé devrait être réactivé à la rentrée 2008. Patrick Honecker, porte-parole de l'université de Cologne :

« Il est très important que cet Office central pour la répartition des étudiants dans les universités puisse mieux canaliser les inscriptions. A l'heure actuelle nous ne savons pas si un candidat s'inscrit parallèlement dans cinq ou six universités. Cet Office central pourrait opérer une présélection ou centraliser les différentes inscriptions dans d'autres universités. Cela permettrait de mieux orienter les candidats vers telle ou telle université en fonction de leur profil. Et cela faciliterait grandement notre travail. »

Car le temps presse. Entre le bac obligatoire pour s'inscrire à l'université et la rentrée universitaire il ne reste que quatre mois. Michael souhaiterait un assouplissement des conditions d'admissions :

« La meilleure solution serait d'offrir un plus grand nombre de places dans les universités à tous les bacheliers pour les répartir en fonction des besoins. Mais les étudiants devront faire preuve de flexibilité car il sera difficile d'améliorer la répartition. »

Finalement Michael a eu de la chance. Il a pu entamer ses études à Cologne, la ville qu'il avait mise en tête de liste de ses préférences.

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A écouter aussi dans cette émission :

  • Regards croisés : En France, la fronde des brocanteurs de deux carrés très actifs du marché aux puces de Saint Ouen, près de Paris. Leur propriétaire actuel, le groupe britannique Grosvenor, contrôlée par la famille du duc de Westminster, veut remettre de l’ordre dans le sytème des baux commerciaux, ce qui pourrait provoquer des hausses de loyer de 25 à 70%. Les « puciers » redoutent de devoir fermer boutiques au profit de brocanteurs de luxe.
  • Portrait : François de Brigoode, présentateur de télévision belge, il y a presqu'un an, il a présenté un faux JT dans lequel il annonçait l'indépendance de la Flandre.
  • Carnet de voyage : Fabrice Tulane, motard, auteur de Roues Libres, récit de 8 années passées à parcourir 270 000 kilomètres sur les cinq continents à travers 46 pays. Il relate ses aventures européennes.

Comme Michael, ils sont des dizaines de milliers d'étudiants à avoir vécu ce cauchemar de la rentrée. Les universités allemandes croulent sous les demandes d'inscription déposées par les étudiants qui s'inscrivent dans trois ou quatre établissements à la fois pour augmenter leurs chances. A Cologne, où 43 000 étudiants sont immatriculés pour cette rentrée, on a enregistré pas moins de 17 000 candidatures explique le porte-parole de l'université, Patrick Honecker :

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