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Europe

Chacun ses réfugiés

Le gouvernement italien a annoncé qu'il allait distribuer aux migrants des permis de séjour valables dans tout l’espace Schengen. L'Allemagne, la France et l'Autriche ont menacé de rétablir les contrôles aux frontières.

Silvio Berlusconi a évoqué avec la finesse qui lui est coutumière un tsunami humain à propos des réfugiés de Lampedusa

Silvio Berlusconi a évoqué avec la finesse qui lui est coutumière un "tsunami humain" à propos des réfugiés de Lampedusa

Les ministres européens de l'Intérieur se sont rencontrés aujourd'hui pour tenter de déminer le dossier et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils sont loin d'y être arrivés et que le débat va durer. L'Italie en appelle à la solidarité européenne pour résoudre un problème bien concret : que faire des 23 000 réfugiés nord africains – essentiellement des Tunisiens – arrivés sur l'île de Lampedusa depuis le début de l'année ? Le président du Conseil, Silvio Berlusconi, fidèle à ses habitudes, n'a pas fait dans la dentelle. Tous les migrants arrivés après le 6 avril seront renvoyés par charter en Tunisie. Les autres se verront accorder un permis de séjour de trois mois valable dans tout l'espace Schengen. Autrement dit : allez voir ailleurs si j'y suis et notamment en France, en Allemagne ou en Autriche.

Bien sûr, les pays voisins ont réagi en critiquant cette politique. La France a annoncé qu'elle rétablissait les contrôles à la frontière italienne tandis que l'Allemagne a menacé d'agir de la même manière. Face au printemps arabe, encore une fois les Européens ne pensent qu'à protéger leurs frontières. « En Italie, il s'agit essentiellement de réfugiés économiques, c'est-à-dire de personnes qui tentent leur chance de venir en Europe où ils ont peut-être déjà de la famille ou des connaissances. », a affirmé le ministre allemand de l'Intérieur, Hans Peter Friedrich. « Donc l'Italie doit assumer sa responsabilité. L'Italie est un grand pays et 23 000 réfugiés, comparativement à l'ensemble de la population italienne, ce n'est rien. Il faut savoir que l'Allemagne a accueilli à elle seule l'année dernière plus de cinquante mille demandeurs d'asile. Donc c'est l'Italie qui tout d'abord doit résoudre ce problème. »

Le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a rappelé que l'Italie doit assumer ses responsabilités

Le ministre allemand de l'Intérieur, Hans-Peter Friedrich, a rappelé que l'Italie doit assumer ses responsabilités

Dans le sens du poil

Hans Peter Friedrich oublie toutefois de préciser que sur ces plus de 50 000 demandeurs d'asile, seuls 10 000 ont reçu une réponse positive. Soit environ un sur cinq ce qui correspond à la moyenne européenne. Mais la question qui se pose derrière cet afflux de migrants n'est pas tant celle d'une solidarité entre les états européens – savoir qui va supporter ce flux migratoire – mais bien celle de la solidarité européenne tout court, celle de gouvernements qui, face à un événement historique, pensent avant tout à caresser dans le sens du poil des opinions publiques largement rétives à l’afflux de nouveaux migrants. Si l'Europe ne montre pas un autre visage, alors ce sera de nouveau un rendez-vous manqué pour les 27.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Mireille Dronne