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En RCA, les écoles souffrent d'un manque d’enseignants

Jean-Fernand Koena
21 février 2024

Le manque d’enseignants pénalise les élèves et étudiants. En réponse, le gouvernement a annoncé, pour cette année, l’intégration de plus de 1.500 enseignants.

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Des étudiants en classe à Bangui.
Le taux de réussite des élèves et étudiants en République centrafricaine baisse en raison du contexte difficile dans lequel ils apprennent.Image : Jean Fernand Koena/DW

La Banque mondiale, dans son cahier économique, s’est alarmée du faible investissement de l’Etat dans le capital humain. En clair : l’Etat devrait embaucher plus de fonctionnaires dans certains domaines, à commencer par celui de l’éducation.

La situation dans certaines écoles est alarmante. C’est le cas dans la capitale.  

10h : nous sommes au lycée Barthelemy Boganda de Bangui. Dans une classe de terminale, Valentin Ouadjourou dispense son cours de philosophie.

Ici, dans cet établissement scientifique, le paradoxe est qu’il y a plus d’enseignants littéraires que scientifiques.

"Rien ne montre que nous sommes dans un lycée scientifique. Mais nous faisons ce qu’on peut parce que nous donnons le maximum de nous-même pour que les enfants puissent obtenir l’examen en fin d’année, il le faut. Mais pour vérifier que les enfants peuvent faire des démonstrations au niveau du laboratoire, ça laisse à désirer", a déploré Valentin Ouadjourou.

Manque d’enseignants

Face au manque d'enseignants qualifiés, l’établissement doit faire appel à des volontaires bénévoles, des enseignants non professionnels, mais qui ont suffisamment de connaissances en sciences pour les transmettre aux élèves.

Gédéon Cyr Ngaïssé, président de l’association des parents d’élèves, espère que l’intégration de nouveaux enseignants mettra fin au recours à des enseignants volontaires.

Des étudiants dans une classe bondée à Bangui.
Des classes bondées. Et l’accès à l’ éducation pour les enfants qui vivent dans des zones de conflit est considérablement réduit, et peu de ces enfants peuvent aller à l’ école. Image : Jean Fernand Koena/DW

"Cette intégration va soulager ces dignes et vaillants fils du pays qui ont accepté de venir dispenser des cours volontairement à leurs cadets. Ils vont se reposer et s’occuper de leur profession et les nouveaux professeurs intégrés vont prendre leur fonction et éduquer nos enfants", a souhaité Gédéon Cyr Ngaïssé.

La promesse d’embaucher de nouveaux professeurs a suscité de l’espoir chez Dicaprio Wangué, élève en classe de terminale.

"Je suis vraiment ravi et cela me plait beaucoup que le gouvernement puisse mettre en place un dispositif pour intégrer des professeurs scientifiques au sein de notre établissement, car aujourd’hui, on n’a pas assez de professeurs", a-t-il déclaré.

Des classes surpeuplées

Le ratio élève-enseignant reste un défi à surmonter. Il est en effet de 150 élèves pour un professeur en terminale et de 200 élèves pour un professeur en premier cycle.

Anne Yindoua, proviseur du lycée Barthelemy Boganda, se déclare satisfaite de ce projet d’embaucher de nouveaux professeurs.

Mais la concrétisation de l’annonce du gouvernement pourrait encore prendre du temps. Celui-ci envisage en effet une intégration progressive, sans fixer encore de calendrier.

Enfin, pour combler le déséquilibre entre enseignants littéraires et scientifiques, l’Etat a augmenté, pour le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure, le nombre de places destinées aux professeurs scientifiques et à l’inverse, réduit celles des matières littéraires.