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Afrique

Centrafrique : « De la prédation à la stabilisation »

C'est le titre d'un rapport que l'organisation internationale sur la bonne gouvernance, l'International Crisis group, ICG, vient de publier sur la Centrafrique.

Dans ce rapport, l'organisation affirme que la crise actuelle en République centrafricaine, qui a débuté en décembre 2012, a participé à la faillite de l'État. Le rapport met surtout à l'index le pillage qu'ont orchestré bon nombre de dirigeants qui ont fait main basse sur l'économie illicite du pays.

Force de protection internationale

Force de protection internationale

Pour cette organisation, le bref passage de la Séléka au pouvoir, entre mars et décembre 2013, a été marqué par une gouvernance en trompe l'œil. Et Joseph Bidoumi, le président de l'Association centrafricaine des droits humains, d'ajouter :

« Le régime Séléka nous a amenés là où nous n'étions jamais arrivés avant en termes de crimes, d'abus et de mauvaise gouvernance. Si certains hauts responsables d'Afrique ou d'ailleurs ont soutenu Michel Djotodia avec le régime Séléka, je me rappelle vous avoir dit une fois que dans le régime Séléka, il n'y avait que des pyromanes, c'est-à-dire ceux qui avaient mis le feu au pays et qui étaient revenus comme des pompiers pour éteindre le même incendie. Donc cela ne m'étonne pas que des gens qui avaient donné l'impression de soutenir Djotodia l'ont laissé faire les pires exactions qu'ait connues le pays. »

Le président de l'Association centrafricaine des droits humains fait aussi allusion au soutien du Tchad apporté au pouvoir de l'ancien président Michel Djotodia et à l'intervention des soldats envoyés par Ndjamena en RCA. Pour lui tout cela a participé à faire de la Centrafrique un État sans droit ni loi.

Il faut assurer des services de base aux populations

Il faut assurer des services de base aux populations

Selon les experts de l'International Crisis Group, la Séléka s'est illustrée comme un régime de bandits qui a vidé les caisses de l'Etat, et fait sienne les réseaux de trafic d'or, de diamants et d'ivoire dont certains de ses éléments étaient les pricipaux commanditaires.

Enfin, le rapport met en cause l'intervention internationale pilotée par l'Union africaine, les Nations unies et la France. Des forces jusque là incapables de stabiliser le pays. L'ICG demande aux armées étrangères présentes en RCA de renforcer la protection des civils pour permettre le retour d'un système effectif de gouvernance à même de fournir des services minimum de base aux populations.

Zentralafrikanische Republik Seleka Rebellen

Rebelles de la Seleka.

Pour permettre cela, l'ONG centrafricaine Paix-Réconciliation-Tolérance, PARETO, a initié une action de médiation entre anti-balakas et ex-Séléka. Une médiation qui, il y a deux jours de cela, a permis aux responsables des anti-balakas et ex-Séléka, groupes armés en conflit en Centrafrique, de se rencontrer et de discuter. Et les dirigeants de ces deux groupes ont décidé de prochainement mettre en place un comité conjoint de réflexion sur la situation que vit leur pays.

Néanmoins, pour l'instant aucun détail n'a filtré sur la date et le lieu de cette prochaine rencontre. Mais, selon l'ONG Pareto, les deux groupes armés ont la volonté d'aller de l'avant afin de mettre un terme aux souffrances des populations.

Depuis la destitution en janvier dernier du président Michel Djotodia, chef de l'ex-coalition rebelle Seleka, au profit de Catherine Samba-Panza, les deux mouvements armés continuent de s'affronter. A défaut d'être désarmés de force, ils ont été tenus à distance par les forces internationales présentes dans le pays. Au nord se trouvent les ex-rebelles Séléka avec un QG à Bambari. Au sud, les anti-balakas, milices fidèles à l'ancien président François Bozizé. La réconciliation envisagée devra donc briser de nombreuses entraves…

Zentralafrika Anti Balaka mit Fetisch

membres de la milice Anti-balaka.

Il s'agit pour la Séléka et les anti-balakas de trouver des solutions à plus de 15 mois de crise. Une crise marquée par des massacres ethnico-religieux. Néanmoins, la tentative de dialogue est positivement appréciée par la communauté internationale et autres observateurs. D'ailleurs, dans le pays, on assiste à une reprise des activités économiques et au paiement des salaires des agents de l'État. Mais l'insécurité est loin d'avoir régressé.

Les ingrédients de l'instabilité demeurent. La semaine dernière, au moins 22 personnes ont été tuées à Liwa, un village situé à 10 km de Bambari. Malgré cette situation, l'ONG Pareto espère que bientôt, les débats entre anti-balakas et Séléka pourront mettre fin à ces événements malheureux.

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