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Afrique

Burundi : pour un milliard de dollars de plus...

Un milliard de dollars américains. C'est la somme que demande le Burundi aux donateurs internationaux, réunis lundi et mardi à Genève, en Suisse. Mais cet argent ne sera sans doute pas accordé sans contreparties.

Cet argent doit permettre de financer environ la moitié du budget des programmes de développement burundais pour les quatre prochaines années (jusqu'à fin 2016). Même si elle lui est accordée, cette somme sera sans doute assortie de conditions : le pays fait régulièrement l'objet de critiques en ce qui concerne le respect des droits de l'Homme, et ce sujet devrait être abordé à Genève.

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Cette conférence de Genève accueille non seulement les partenaires traditionnels du Burundi, des experts du développement, des investisseurs privés, mais aussi des représentants de pays du Golfe et de pays émergents, comme la Turquie.

Faire la lumière sur les exécutions arbitraires

La société civile burundaise est également représentée, avec la Ligue ITEKA, qui s'engage pour la défense des droits de l'Homme. Rémy Ntaco, son directeur exécutif, confirme que l'aide au développement ne sera sans doute pas accordée sans contrepartie :

« Certainement que, compte tenu d'abord que Human Rights Watch a publié un rapport, compte tenu aussi que la population - du moins l'opposition - parle de ce qui ne va pas au Burundi... du moment qu'on a produit des rapports relatifs à la bonne gouvernance, ou à la sécurité, aux histoires comme les exécutions extra-judiciaires, je pense que les bailleurs vont exiger de la lumière sur ces questions. »

En effet, l'organisation de défense des droits de l'Homme "Human Rights Watch" a exhorté le gouvernement burundais et ses partenaires à profiter de cette conférence de Genève pour prendre des engagements concrets en faveur de la protection des droits humains. L'ONG évoque les fréquentes menaces contre la société civile ou les journalistes et appelle à enquêter sur plusieurs affaires d’assassinats politiques commis ces dernières années.

Santé et éducation comme priorités

Quant à la politique de développement au Burundi, Rémy Ntaco, de la Ligue ITEKA, observe que certains efforts du gouvernement ont porté leurs fruits, avec des moyens importants donnés à l'éducation et à la santé, gratuite pour les mères et les enfants de moins de 5 ans.

Selon lui, l'agriculture - secteur qui emploie 80% de la population burundaise - a également bénéficié de mesures de soutien :

« Le fait que l'État a voulu repeupler le cheptel, en amenant des races améliorées, le fait que dans certains coins les populations sont mises ensemble pour exploiter des terres communes pour améliorer le rendement. C'est dans ce cadre-là que je dirige l'apport du gouvernement dans ce domaine. »

En 2011, au classement de l'Indice de développement humain (IDH) établi par la Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le Burundi était 185e. Seuls le Niger et la République démocratique du Congo faisaient moins bien. Ce classement prend en compte non seulement la richesse produite, mais aussi des critères comme l´accès à l'éducation, les inégalités et la santé.

Une importante coalition d'opposition, l’Alliance des Démocrates pour le Changement (ADC-Ikibiri) a regreté de n'avoir pas été invitée à participer à cette rencontre de Genève. Elle a adressé un communiqué aux participants, dénonçant notamment la corruption, encore trop répandue au Burundi. Elle appelle également à évaluer les programmes de développement mis en œuvre par le passé.

Ajout le 30 octobre : à l'issue de la conférence des donateurs organisée à l'ONU à Genève, le Burundi a finalement obtenu plus de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) d'engagements, soit le double de ce que le pays avait demandé. Le Pnud a souligné les "réalisations stupéfiantes" du Burundi dans le domaine du développement, à peine sept ans après la fin de la guerre civile.

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