Burundi: la campagne référendaire hantée par la dictature | Afrique | DW | 23.03.2018
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Afrique

Burundi: la campagne référendaire hantée par la dictature

Un décret présidentiel demande aux partis politiques qui souhaitent participer à la campagne référendaire de s'enregistrer auprès de la commission électorale dès ce vendredi. L'opposition dénonce les méthodes du pouvoir.

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"Nous avons opté pour le "Non"" (Phénias Nigaba)

Le Burundi se prépare pour le référendum constitutionnel du 17 mai prochain mais sans l’implication d’une partie de l'opposition qui s'oppose à ce référendum.

Certains opposants qui comptent prendre le risque de faire campagne pour le "Non", dénoncent le caractère discriminatoire lié à l'obligation de se faire enregistrer auprès de la Commission électorale nationale indépendante avant de se lancer dans la campagne.

L'opposition déterminée

Néanmoins, les opposants restent déterminés à aller jusqu'au bout du processus, en sachant que faire campagne pour le "Non2, c'est prendre le risque de se faire emprisonner par le pouvoir. Phénias Nigaba, le porte-parole du parti Sahwanya, le "Front pour la démocratie au Burundi", se dit néanmoins prêt à prendre ce risque.

"Nous avons opté pour le "Non" parce qu'il y a des dispositions anti-démocratiques. On ne peut pas avoir peur de cette ligne rouge. Au Burundi si on veut avoir un système démocratique, au vrai sens du terme, alors on n'a pas peur de se sacrifier pour cela. D'autres personnes sont mortes déjà, elles se sont sacrifiées."

La question référendaire, un sujet sensible

Pour Tite Bucumi, le président du parti MSP Inkinzo, il est prématuré de prendre position, tant que le décret présidentiel qui autorise l'ouverture de la campagne référendaire n'a pas été publié. "Il ne faut pas se précipiter. Le parti MSP Inkinzo va voter Oui ou Non suivant ce que le pouvoir veut changer dans la Constitution", a déclaré Tite Bucumi.

La plupart des Burundais préfèrent ne pas s'exprimer sur ce sujet sensible même s’ils ont déjà leur avis. Un choix qu'ils préfèrent garder secret. C’est le cas de Gilbert Manirambona: "Quoi voter ? C’est mon secret. Je ne milite pour aucun parti mais je demande aux jeunes d’aller au référendum pour modifier la Constitution - parce qu'il y a certaines choses qu’on doit changer."

Ce 23 mars, tous les partis politiques, coalitions et indépendants sont appelés à se faire enregistrer à la Commission électorale nationale indépendante en attendant le début de la campagne pour le référendum du 17 mai prochain. 

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