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Afrique

Burundi: des preuves accablantes

Alors que le pouvoir burundais rejette un rapport d'enquête de l'ONU sur les violations massives des droits de l'Homme, des victimes osent témoigner des atrocités subies.

C'est ce mardi qu'est officiellement présenté, un rapport d'enquête spécial des Nations unies sur les violations des droits de l'Homme au Burundi. Le rapport des experts est accablant pour le gouvernement burundais qui le rejette en bloc. Et pourtant, les témoignages de victimes sont édifiants.

"Personne ne peut quantifier exactement toutes les violations perpétrées", au Burundi, explique le rapport. Car le pays s'est renfermé sur lui-même. La presse indépendante est durement réprimée. Mais un chiffre, facilement vérifiable, est révélateur au dire des experts – celui du nombre de réfugiés. À la fin du mois d'août dernier, ils étaient plus de 286.000 à avoir fui. Parmi eux Isidore, qui comme la très grande majorité des réfugiés a rejoint la Tanzanie. Il témoigne des horreurs vécues.

"Notre maison a été attaquée à la roquette. Moi j'ai échappé à cette attaque, parce que je faisais un petit job dans une discothèque. Après le drame, c'était nos voisins qui m'ont téléphoné pour me dire, eh monsieur ta famille vient d'être décimée. Et quand je suis arrivé á la maison, c'était l'horreur - j'ai trouvé les corps de mes parents et de mes cinq sœurs."

Les experts des Nations unies font leurs estimations: "Plus d'un millier de personnes ont été tuées dans le cadre de la crise.Des milliers auraient été torturées, un nombre inconnu de femmes victimes de diverses formes de crimes sexuels, des centaines de personnes auraient disparu, et des milliers auraient été illégalement détenues". L'histoire de Yasine, un nom d'emprunt, est édifiante – la jeune étudiante a manifesté contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza en Europe. Son bref retour au pays, fin 2015 a tourné au cauchemar.

"Dans la même semaine où j'étais là, ils sont venus me chercher dans ma famille, on a menacé mes parents, ils ont été séquestrés. Le même jour, nos domestiques sont morts. Dans la matinée où j'ai pu fuir le quartier contestataire, dans lequel je vivais, j'ai vu des cadavres dans les rues. J'ai vraiment peur pour ma famille, parce que je suis la cible directe, mais vu que moi, ils m'ont ratée, étant au Burundi, ils vont s'en prendre à ma famille. Même ici, on est surveillés."

Yasine est aujourd'hui réfugiée en Europe. Une paix ne sera possible qu'au prix de nouvelles pressions sur le Burundi, selon les experts onusiens. Aujourd'hui, ils vont demander une nouvelle série de sanctions, plus robustes à l'encontre du Burundi. Mot d'ordre: "les droits humains avant tout".

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