Bruxelles peut toujours rêver | Europe | DW | 12.08.2010
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Europe

Bruxelles peut toujours rêver

La Commission a relancé l’idée d’un impôt européen qui aurait le mérite d’assurer à l’UE un budget indépendant. Mais Berlin, Paris et Londres sont contre et le projet devrait rester dans les tiroirs.

Le budget annuel de l'UE s'établit à 130 milliards d'euros

Le budget annuel de l'UE s'établit à 130 milliards d'euros

C’est un vieux serpent de mer qui resurgit en plein été. Comment assurer le financement pérenne de l’Union européenne dont les revenus sont assurés pour la majeure partie par les contributions des états membres ? Le budget total de l’Union européenne s’établit en effet à 130 milliards d’euros et les trois quarts de cette somme sont délivrés par les états. Or, en temps de crise et de plans d’économies, les capitales européennes souhaitent réduire leur contribution.

Face à cela, le commissaire au Budget, le Polonais Janusz Lewandoski a estimé le moment oportun pour ressortir la vieille idée d’un impôt européen. « J’entends de la part de plusieurs capitales, y compris des grosses comme Berlin, qu’elles aimeraient faire baisser leurs contributions », a-t-il affirmé lundi dans le Financial Times Deutschland. Poursuivant sa réflexion, celui-ci a proposé de créer une taxe qui permettrait à la fois de maintenir le niveau du budget communautaire tout en diminuant le montant des chèques versés par les états. Trois pistes sont présentées pour cette taxe qui pourrait frapper les transactions financières, les billets d’avion ou encore les revenus générés par la bourse d’échange des quotas de CO2.

Salle plénière de la Commission européenne : celle-ci a proposé un budget 2011 en hausse de 5,9%

Salle plénière de la Commission européenne : celle-ci a proposé un budget 2011 en hausse de 5,9%

Mais sans surprise, les capitales européennes sont contre. Paris, Londres et Berlin ont déjà dit qu’ils ne voyaient pas la création de cet impôt d’un très bon œil. En temps de crise, il n’est pas très populaire de créer un nouvel impôt, aussi indolore soit-il. Pourtant, la Commission a suivi des pistes déjà établies par les états membres eux-mêmes comme dans le cas d’une taxe sur les transactions financières, une idée notamment soutenue par Berlin. Mais rien n’y fait. Le pouvoir de lever l’impôt est une souveraineté que les états membres ne veulent pas abandonner. Finalement, il n’y a que la Belgique qui se soit déclarée favorable à cette idée. Mais même si Bruxelles est la capitale de l’Europe, l’avis du gouvernement belge, pour sa part, pèse encore très peu face à Berlin, Paris et Londres.

Aide humanitaire au Niger

La crise alimentaire au Sahel met en péril sept millions de personnes au Niger

La crise alimentaire au Sahel met en péril sept millions de personnes au Niger

L’Union européenne est le plus important donateur au monde en matière d’aide humanitaire.

Chaque année, ce sont 800 millions d’euros qui, dans le budget général de l’UE, sont alloués à l’aide humanitaire, à l’aide alimentaire et à la prévention des catastrophes. L’Union européenne vient de débloquer mardi 14,9 millions d’euros pour la sécurité alimentaire au Niger. Le Niger est actuellement en proie à une grave crise alimentaire. Selon l’ONU, plus de sept millions de Nigériens – soit la moitié de la population – sont en état d’insécurité alimentaire. Une crise qui touche d’ailleurs toute la région du Sahel. On écoute Catherine Ray, la porte-parole de la Direction générale Aide au développement.

Mais les 14,9 millions d’euros débloqués l’ont été au titre d’une aide alimentaire d’urgence. Parallèlement, l’Union européenne a récemment proposé de rétablir l’aide au développement au Niger. Il s’agit de 458 millions d’euros entre 2008 et 2013. Mais il s’agit ici d’une action politique : l’aide à la bonne gouvernance, au financement des infrastructures, à l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau. Dans ce cas, cette aide est soumise au rétablissement du processus démocratique au Niger. Le processus de transition qui prévoit d’organiser un référendum sur une nouvelle constitution et des élections présidentielles d’ici mars 2011 sera donc suivi de très près par Bruxelles.

Les oreilles et la queue

Lacher de taureaux dans les rues de Pampelune durant les fêtes de San Fermin

Lacher de taureaux dans les rues de Pampelune durant les fêtes de San Fermin

C'est une victoire incontestable pour les opposants aux corridas. Les députés du parlement autonome de Catalogne ont approuvé fin juillet l'interdiction des corridas sur leur territoire. Après l'archipel des Canaries qui l'a fait en 1991, c'est la deuxième communauté autonome espagnole à interdire la tauromachie. Les députés catalans ont approuvé une «initiative législative populaire» (ILP) qui, appuyée par 180 000 signatures, réclamait la fin de ce spectacle «barbare».

Cette décision a fait grand bruit dans toute l’Espagne car elle a soulevé un très fort débat identitaire. Les milieux conservateurs espagnols ont notamment accusé les parlementaires catalans d'arrière-pensées politiques dans ce vote contre une tradition séculaire «espagnole».

C’est un reportage à Barcelone d’Henry de Laguerie.

Auteur : Jean-Michel Bos

Edition : Elisabeth Cadot