Brazzaville, refuge pour des milliers de Kinois | Afrique | DW | 06.12.2011
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Afrique

Brazzaville, refuge pour des milliers de Kinois

Dans l'attente des résultats des élections en République démocratique du Congo, la crainte de nouveaux affrontements a fait fuir plusieurs milliers de Kinois qui sont allés à Brazzaville, où la situation est plus calme.

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Passer le fleuve pour trouver la sécurité ?

C'est peut-être tard dans la soirée que les Congolais connaîtront les résultats partiels globaux des élections du 28 novembre. Les premiers chiffres provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) donnent Joseph Kabila, le président sortant, largement en tête devant le principal candidat de l'opposition Etienne Tshisekedi, après dépouillement de près de 68% des bulletins de vote. Et ces résultats sont déjà contestés par l'ensemble de l'opposition de RDC.

unruhen in Kinschasa

Déploiement sécuritaire à Kinshasa, la capitale

3.000 personnes arrivées à Brazzaville

La crainte de nouveaux affrontements a fait fuir plusieurs milliers de Kinois qui sont allés à Brazzaville, où la situation est plus calme. Environ 3.000 personnes venues de République démocratique du Congo auraient traversé les 4 kilomètres du fleuve ces derniers jours, pour trouver refuge à Brazzaville. Des chiffres estimés par les autorités portuaires d'après le nombre de passagers sur les bateaux, comparé au nombre habituel. Le flux de personnes s'est ralenti, mais à Brazzaville, les hôtels sont pleins et le Haut-Commissariat de l'ONU est sur le qui-vive. Toutefois, juridiquement parlant, ces Congolais de RDC ne sont pas des réfugiés, comme l'explique Daniela Bichu, porte-parole du bureau du HCR à Brazzaville :

« Il y a des familles entières qui sont arrivées : femmes, enfants... mais ce n'est pas l'exode tel qu'on le connaît, avec toutes les affaires personnelles et tous les biens de la maison, ce n'est pas encore ça. Pour l'instant, nous attendons ce qui va se passer à Kinshasa et suivons bien sûr le flux de ces personnes qui traversent. Mais pour l'instant, ils ne sont ni réfugiés, ni demandeurs d'asile. Ce sont des personnes qui font le déplacement à titre préventif. Ils ne se sont adressés ni au gouvernement, ni au HCR, ils restent dans les hôtels de Brazzaville, ou dans leur famille, parce que certains ont de la famille ici. Donc c'est un déplacement qui reste "privé", si je peux m'exprimer ainsi. C'est une nuance d'importance pour nous. »

Demokratische Republik Kongo Wahl Wahlen 2011 Kinshasa Opposition

La population congolaise craint de nouveaux affrontements

Le HCR a toutefois préparé des plans d'urgence au cas où ces personnes ne puissent pas retourner chez elles, par exemple en cas de violences à Kinshasa. Et une nouvelle réunion est prévue mardi après-midi avec les autorités de Brazzaville pour faire le point sur la situation.

Crainte des violences

Les Congolais qui doivent rester, eux, en RDC, espèrent que les multiples appels au calme porteront leurs fruits, et que les manifestations prévues ne vont pas dégénérer.

Lundi, des rassemblements ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène par les forces de sécurité, dans le Kasaï, le fief d'Etienne Tshisekedi.

Quant à l'ONG International Crisis Group, elle a émis un bulletin d'alerte, qui classe la RDC parmi les pays avec "risque de conflit".

Les résultats partiels globaux sont attendus, peut-être, pour mardi soir, les résultats définitifs sont prévus le 17 décembre et la prestation de serment du futur chef de l'Etat doit avoir lieu le 20. Mais de nombreux observateurs estiment que ce délai ne pourra être respecté. Officiellement, le mandat du président sortant, Joseph Kabila, arrive pourtant ce mardi même à échéance.

Auteur : Sandrine Blanchard
Edition : Fréjus Quenum

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