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Afro-presse (hebdomadaire)

Bientôt une force panafricaine?

La presse allemande s'est aussi penchée sur les difficultés rencontrées pour limiter la contagion des fièvres hémorragiques dues au virus Ebola.

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Le président égyptien Al Sissi prononce un discours au sommet de l'UA à Malabo le 26.06 2014

Et puis les journaux ont évoqué aussi une intéressante exposition d'art africain plus précisément de Côte d'Ivoire, dans le musée de la Bundeskunsthalle de Bonn.

C'est une idée qui ne date pas d'hier, mais sa réalisation semble plus urgente que jamais ! estime la FAZ, la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le concept d'une force panafricaine a été formulé la première fois en 1958 par le président du Ghana, Kwame Nkrumah, qui voulait ainsi assurer la sécurité des pays africains contre –ce sont ses propres mots, « les forces colonialistes et impérialistes". L'ASF, l"African Stand-by Force" ou force africaine de réaction devait alors être composée de cinq brigades issues des diverses régions économiques (Afrique australe, Afrique de l'Ouest, Afrique centrale, Afrique de l'est et Afrique du Nord ). Le financement de cette petite armée devait se faire sur une base volontaire, autrement dit: aucun pays ne s'était senti obligé de payer.L'idée n'avait donc pas suscité un grand enthousiasme.

AU-Sondergipfel Abuja Gruppenbild

Sommet extraordinaire d'Abuja le 15.07.2013

Unanimité des Etats membres sur la force multinationale

Mais c'est bien là la seule unanimité. Car sur la question de savoir quand et avec quelles troupes une telle force sera mise en place, les avis divergent complètement. L'Afrique du Sud et l‘Egypte, qui, après l'élection à la présidence du désormais Maréchal Abd al Fattah al Sisi, est redevenue membre à part entière de l'Union Africaine, pressent et insistent sur l'urgence de constituer cette force multinationale africaine. D'autres états se montrent plus réservés ou posent des conditions, comme le Nigeria. Ce pays dont le nord est livré aux activités meurtrières du groupe islamiste Boko Haram , revendique le commandement d'une telle force parce que le pays est la première économie du continent. Pourtant, jusqu'ici, le bilan de l'armée nigériane contre Boko Haram est catastrophique, relève la FAZ.

Les Sud-Africains plaident, eux, pour un Commandement général sous contrôle immédiat de l'Union africaine. Ce n'est pas tout à fait désintéressé puisque la présidente de la Commission de l'Union africaine, est une Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma .

Rivalités Nigeria/Afrique du Sud

C'est pourquoi le Nigeria reproche à l'Afrique du Sud de vouloir dominer le continent. L'Afrique du sud, de son côté, a critiqué le fait que le président nigérian se soit empressé de répondre à l'invitation de la France à un sommet de crise sur Boko Haram. Ce qui laissait entendre que le Nigeria préférerait déléguer la lutte contre Boko Haram à une ancienne puissance coloniale. D'autres pays encore, comme le Congo par exemple, ne se sentent, eux, nullement concernés par la lutte contre le terrorisme islamiste.

Selon certains commentateurs, la dernière proposition pour doter l'Afrique d'une troupe d'intervention rapide révèle davantage la division de l'Afrique que sa cohérence politique.

La semaine dernière, sous la conduite de l'Egypte et de l'Afrique du Sud, dix des 54 états africains se sont mis d'accord pour une force commune qui pourrait combattre non seulement les islamistes mais aussi assurer des missions de pacification comme par exemple au Soudan du Sud et en République centrafricaine. Les effectifs envisagés : 20 bataillons soit 20 .000 soldats, qui devraient être opérationnels d'ici la fin de l‘année.
Mais, mais… la liste des nations qui fourniront des troupes permet de douter de leur volonté de coopération : à côté de l'Egypte et l'Afrique du Sud, figurent l'Algérie, l'Angola, le Tchad, l'Ethiopie, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Soudan, la Tanzanie, l'Ouganda et le Burkina Faso. Mais que, par exemple, l'armée de la République Islamique du Soudan combatte des islamistes est tout à fait aussi improbable qu'un rôle „pacificateur“des Tchadiens en République centrafricaine , alors que depuis des années déjà, ils y sèment eux-mêmes le désordre, conclut le journal.

Westafrika Sierra Leone Ebola Virus ausgebrochen Krankenwagen

Transport d'un patient décédé de l'Ebola en Sierra Leone

L'épidémie d'Ebola continue

A Accra au Ghana, les ministres de la Santé d'une douzaine de pays africains et des experts ont débattu deux jours durant, des mesures d'urgence à adopter. Le quotidien Die Welt relève que là aussi les pays africains ont tardé à élaborer une stratégie commune.

Si l'épidémie peut se propager aussi rapidement, c'est parce qu'elle a lieu dans une des régions les plus pauvres du monde estime Die Welt. Les systèmes de santé y sont souvent affaiblis par des guerres et une mauvaise gestion. Même si le Sénégal par exemple a rapidement fermé ses frontières avec la Guinée après les premiers cas d'Ebola dans ce pays, les frontières en Afrique de l'Ouest son difficilement contrôlables relève le quotidien. Les intenses activités commerciales et sociales dans les régions frontalières dans les pays concernés expliquent en partie cette rapide propagation, à côté de la surpopulation et des rites traditionnels lors d'enterrements .

La politique porte aussi sa part de responsabilité pour cette épidémie d'Ebola, la plus mortelle de l'histoire depuis la découverte du virus en 1976.

C'est un fait: jusqu'ici, il n'existe pas de traitement thérapeutique efficace et plus de la moitié des personnes infectées meurent. Lors des épidémies précédentes, les équipes médicales avaient réussi à identifier les patients de même que les personnes qui avaient été en contact avec eux. Mais en Afrique de l'Ouest, où l'on ne connaissait pas encore Ebola jusque là, les responsables politiques n'avaient pris aucune mesure de prévention. La seule chance de circonscrire l'épidémie serait une extrême vigilance, mais comme le constate le journal, la plus grande lacune dans les mois qui ont suivi le premier cas déclaré en Guinée, c'est le manque cruel d'informations. Les dirigeants n'ont pas communiqué aux populations, les mesures strictes à prendre pour limiter la contagion.

L'art africain vu par l'Europe

Bildergalerie Afrikanische Meister Kunst der Elfenbeinküste in der Bundeskunsthalle

L'exposition dure jusqu'en octobre prochain

Actuellement, le musée de la Bundeskunsthalle à Bonn montre une grande exposition dédiée à l'art de Côte d'Ivoire. Une exposition qui fait mentir le cliché assez répandu en Allemagne, selon lequel il n'y aurait pas de styles artistiques individuels en Afrique de l'ouest .

Oui, selon ce cliché, il n'y aurait pas de véritables artistes en Afrique, mais plutôt des artisans - sculpteurs anonymes travaillant dans des ateliers tribaux reproduisant seulement des motifs rituels hérités de leurs ancêtres. Cela sonne crédible pour la plupart des Européens. Et pourtant c'est entièrement faux, ce n'est vraiment qu'un cliché souligne la Rheinische Post.

Sous le titre " Maîtres africains. Art de la Côte d'Ivoire“ l'exposition de la Bundeskunsthalle à Bonn réalisée en coopération avec le musée Rietberg de Zurich, remet donc les pendules à l'heure.

En effet, et on peut y découvrir 200 chefs d'oeuvre de l'art ouest-africain réalisés au cours des deux derniers siècles. Des figures et des masques de l'époque coloniale et pré-coloniale et aussi quelques oeuvres contemporaines. Parmi toutes ces oeuvres, celles de maîtres des Guro, Baule, Dan, Senufo, Lobi et des peuples lacustres. Une grande richesse de formes et de créativité de grands artistes. Et conclut le journal, il est indéniable que Picasso s'est inspiré de certaines scupltures africaines pour sa période du cubisme, comme aussi certains expressionnistes allemands dont les sculptures ont souvent des traits africains.

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