Bernd Jahrmärker, concierge | Allemagne | DW | 29.06.2010
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Allemagne

Bernd Jahrmärker, concierge

Bernd Jahrmärker est concierge dans un lycée de Göttingen. A 53 ans, il a mené une vie pleine de rebondissement. Il se considère comme un Allemand typique.

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Bernd Jahrmärker

A sept heures du matin, la petite ville universitaire de Göttingen s’éveille à peine. Les rues de cette cité du sud de la Basse-Saxe sont encore vides. Derrière les vitres des maisons, aucune lumière. Sauf au lycée Hainberg : au-dessus de la porte d’entrée, une lampe est allumée, car ici, la journée a déjà commencé. Bernd Jahmärker parcourt les longs couloirs, monte et descend les escaliers. C'est une des premières tâches du matin : l’ouverture de toutes les salles de classe. Quand les premiers élèves arrivent vers 7h20, le concierge est assis dans son bureau et boit son café.

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Il y a toujours quelque chose à réparer

Soldat, mécanicien, puis concierge

Etape suivante : contrôler la chaudière à la cave. Mais pour cela, Bernd Jahmärker n’a pas besoin de se lever de son fauteuil, car le chauffage est contrôlé à distance par ordinateur. Pour ce qui est de la technique, le concierge s’y connaît : il est électronicien de formation. C'est pourtant à l’armée qu'il a débuté sa carrière professionnelle, en tant que soldat. « Je me suis engagé à l’âge de 17 ans et je voulais à terme faire ma carrière dans l’armée fédérale », se souvient l’homme aujourd’hui âgé de 53 ans. Mais une jeune fille de Göttingen est entrée dans sa vie ; l'amour a bousculé ses plans.

C’était la sœur d’un copain, et elle était mannequin. Ils ont fait connaissance, puis ils se sont aimés. Pour Bernd Jahrmärker, ça devenait sérieux. Surtout quand elle l’a mis face à un choix : c’était l’armée ou elle. Et Bernd a tranché : « J’ai démissionné de l’armée et je l’ai rejointe à Göttingen. »

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Ouverture des salles de classe

Quelque temps plus tard, le couple se sépare. Bernd Jahrmärker reste quand même à Göttingen, sa nouvelle ville d'adoption.

Aujourd’hui, il vit seul dans 50 m². Le quinquagénaire n’a pas d’enfant, du moins pas à lui : il est entouré chaque jour de 1100 lycéens, qui lui demandent beaucoup d'attention. Du matin au soir, Bernd Jahrmärker n'a pas une minute de répit : alors qu’il discute avec le proviseur au sujet d’un nouvel outil à acheter, le voilà interrompu par un problème technique dans les toilettes des filles ; le lavabo est bouché et l’eau déborde. Le concierge s’apprête à régler le problème, quand un électricien l’arrête. Il installe une nouvelle prise de courant au deuxième étage et a besoin d’une échelle. Il faudra aussi s’occuper de ce colis arrivé par erreur et qui est toujours devant la porte.

L'accident qui a tout changé

Cela fait déjà douze ans que Bernd Jahrmärker travaille au lycée Hainberg. Avant cela, il parcourait l'Europe pour installer des machines électriques. Mais à 40 ans, un accident de football a marqué un tournant de sa vie. La collision avec un autre joueur fut si violente que Bernd ne pouvait se relever, du sang coulait de sa bouche : il avait trois côtes cassées, les poumons perforés. Ce fut alors une lutte contre la mort. Pendant des mois, Bernd Jahrmärker n’a pas quitté son lit d’hôpital. Puis il a pris une décision : il allait tout recommencer depuis le début. Bernd voulait être plus proche des gens. Il devint alors concierge du lycée, sélectionné parmi 170 candidats. Aujourd’hui, il affirme qu’il est heureux. Sa devise : « Profite du jour présent. » Mais, de son propre aveu, Bernd n’est pas un homme jovial.

Auteur : Shabnam Nourian
Traduction : Aline Ranaivoson
Edition : Anne Le Touzé

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