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Allemagne

Berlin et Washington renforcent leur coopération antiterroriste

L'Allemagne et les Etats-Unis ont signé à Berlin un accord de coopération transfrontalière, qui prévoit un échange de données en vue d'accélérer l'identification de criminels ou terroristes potentiels.

La comparaison des empreintes digitales et de l'ADN doit accélérer l'identification des terroristes potentiels.

La comparaison des empreintes digitales et de l'ADN doit accélérer l'identification des terroristes potentiels.

A l'avenir, il devrait être possible de déterminer en quelques minutes si une personne suspectée de terrorisme en Allemagne l'est également de l'autre côté de l'Atlantique, grâce à la comparaison des empreintes digitales et génétiques issues des fichiers de police nationaux. Le modèle n'est pas nouveau: l'accord paraphé ce matin par le ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble, sa collègue de la Justice, Brigitte Zypries, et leurs homologues américains, se base sur le Traité de Prüm, signé en 2005 par sept Etats membres de l'Union européenne, un traité de coopération transfrontalière visant à améliorer la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l'immigration illégale, et dont l'Allemagne et l'Autriche font largement usage depuis la fin 2006. Un meurtre commis dans la ville allemande de Iéna a pu ainsi être résolu l'an passé grâce à la comparaison de l'ADN prélevé sur une carte de crédit en Autriche, identique à celui prélevé sur une cigarette sur les lieux du crime.

Wolfgang Schäuble, ministre allemand de l'Intérieur

Wolfgang Schäuble, ministre allemand de l'Intérieur

A l'instar du traité de Prüm, l'accord de Berlin prévoit la comparaison des empreintes digitales et génétiques des criminels répertoriés dans les fichiers des pays signataires. Pour l'instant, il ne s'agit que de l'Allemagne et des Etats-Unis, mais les 26 Etats européens sont chaudement invités à ratifier l'accord, qui doit servir d'exemple selon les voeux de Wolfgang Schäuble.

Peter Schaar, commissaire fédéral à la protection des données

Peter Schaar, commissaire fédéral à la protection des données

Cet exemple n'est pourtant pas du goût de tous. Peter Schaar, le commissaire allemand à la protection des données, voit des risques de dérive dans l'échange de ce type d'informations avec les autorités américaines. Aux Etats-Unis en effet, la loi sur la protection des données ne s'applique qu'aux citoyens américains ou aux étrangers vivant depuis un certain temps dans le pays. Selon Peter Schaar, les renseignements échangés pourraient par exemple servir à ficher les militants, les demandeurs d'asile ou les potentiels fauteurs de trouble, qui pourraient ensuite être interdits d'entrée sur le territoire américain. Le défenseur des libertés individuelles rappelle par ailleurs que les Etats-Unis sont en train de collecter des empreintes digitales dans le monde entier, des données qui vont rester enregistrées pendant une période indéterminée.

L'accord signé ce matin devrait entrer en vigueur une fois ratifié par le Parlement allemand. Wolfgang Schäuble prévoit de déposer bientôt un projet de loi à cet effet.