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Afrique

Bangui attend, anxieuse, l'arrivée des rebelles

En un peu plus de quinze jours, l'avancée de la coalition Séléka a été fulgurante, face à une armée centrafricaine sous-équipée et mal organisée. A Bangui, la population attend avec anxiété la suite des événements.

Après s'être emparé mardi de Kaga Bandoro, une ville importante du centre-nord à environ 300km de Bangui, les rebelles ont continué hier à avancer et auraient, selon plusieurs sources, atteint en fin d'après-midi Damara, à 75 kilomètres seulement de Bangui.

Les rebelles jugent que le président François Bozizé « a déjà perdu le contrôle du pays »

Les rebelles jugent que le président François Bozizé « a déjà perdu le contrôle du pays »

Désormais c'est l'incertitude qui règne dans la capitale, en raison des messages contradictoires de la coalition Séléka. Car tout en continuant leur progression, les rebelles ont affirmé hier qu'ils ne feraient pas entrer leurs troupes dans Bangui. Ils estiment que le président François Bozizé « a déjà perdu le contrôle du pays ». Les habitants de Bangui redoutent ce qui pourrait arriver. « Il y a un climat inquiétant », témoigne Gandao Gilbert, professeur d'économie à l'université de Bangui. « La capitale est coupée de l'arrière-pays et c'est cet arrière-pays qui ravitaille en vivres les habitants de la capitale. Si les choses perdurent, nous serons privés de toutes denrées alimentaires, ce serait une catastrophe. »

Mesures de sécurité

L'Onu et les Etats-Unis jouent également la prudence. Ils ont ordonné le « retrait temporaire » de leurs personnels non essentiels. La France, dont l'ambassade a été attaquée hier par des manifestants qui lui reprochaient sa passivité, a également pris des mesures pour protéger ses ressortissants.

Des manifestants s'en sont pris mercredi à l'ambassade de France

Des manifestants s'en sont pris mercredi à l'ambassade de France

Et la force multinationale d'Afrique centrale a annoncé le déploiement de nouvelles troupes pour sécuriser Bangui. La FOMAC/MICOPAX est présente depuis 2008 en Centrafrique. Mise en place pour aider à consolider la paix dans le pays après des années de guerres civiles et de rébellions, elle avait commencé à se retirer progressivement du pays et devait achever son retrait avant le 31 décembre 2013.

Tentative de médiation

Parallèlement, la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale a envoyé une délégation pour tenter une médiation entre le Séléka et le pouvoir de Bangui. Les rebelles affirment avoir pris les armes le 10 décembre pour obtenir le respect des accords de paix conclus entre 2007 et 2011, qui comprenaient notamment un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. « Je crois qu'il y a eu des problèmes d'application des résolutions issues de certains forums, de certains dialogues et c'est ce déficit de dialogue qui fait qu'on en arrive là », estime Gandao Gilbert.

Bangui la coquette attend avec anxiété l'arrivée des rebelles

« Bangui la coquette » attend avec anxiété l'arrivée des rebelles

Il espère des négociations rapides entre rebelles et Bangui. « La prise du pouvoir par la force nous inquiète énormément car on attend au bout des chaînes de violence, de viols, de destructions... On a beaucoup vécu ce genre de situation, on ne voudrait pas que ça se répète. »

Depuis le 10 décembre, les ONG humanitaires présentes dans le pays s'inquiètent du sort des déplacés qui fuient par peur des combats, même si la progression des rebelles ne semble pas pour l'instant avoir entraîné de « conséquences humanitaires graves ». La République démocratique du Congo signale l'arrivée, dans le nord, d'environ 2.000 Centrafricains ont fuit dans le nord de la République démocratique du Congo voisine. Selon un responsable congolais, il s'agit surtout de femmes et d'enfants.

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