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Vu d'Allemagne

Ban Ki-moon et la peine de mort

Quatre jours après l’exécution de Saddam Hussein, le nouveau secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appuyé l’appel de Louise Arbour, Haut commissaire de l’Onu aux Droits de l’Homme, de ne pas faire exécuter les deux co-accusés de l’ancien président irakien. Une position plus conforme à ce qu’on attend du plus haut représentant de l’organisation et qui diffère de celle qu’il avait adoptée il y a deux jours sur la pendaison de Saddam Hussein. Ban Ki-Moon avait alors estimé que la question de la peine capitale relève de chaque Etat membre.

Ban Ki-moon, nouveau secrétaire général des Nations Unies.

Ban Ki-moon, nouveau secrétaire général des Nations Unies.

La plupart des journaux ont relevé le « faux-pas » du nouveau secrétaire général des Nations Unies. D’un point de vue juridique, constate la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les propos de Ban Ki-moon sont inattaquables puisque les Etats ont effectivement le droit d’avoir un avis différent de celui de la Communauté internationale. Mais Ban Ki-moon représente désormais cette communauté. Le secrétaire général devrait donc réfléchir deux fois à ce qu’il dit en public.

L’homme Ban Ki-moon a le droit d’approuver la peine de mort, estime la Frankfurter Rundschau. Cela serait dommage et désolant, mais resterait de l’ordre du privé. Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon en revanche, n’a pas le droit d’avoir cette position. En reconnaissant la souveraineté des Etats sur la question de la peine de mort, le secrétaire de l’Onu renforce la présomption fatale qu’il est en porte-à-faux par rapport à sa propre organisation sur ce sujet central. La Communauté internationale, rappelle le journal, a pris position depuis longtemps sur cette question, d’abord par la déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948, puis en 1977 par la résolution 32/61 qui considérait comme « souhaitable » l’abolition de la peine capitale, et enfin en 2004 en faisant de l’abolition de la peine de mort un objectif central de la Commission des Droits de l’Homme.

Quelles que soient les raisons qui ont poussé Ban Ki-moon à ces propos, note enfin la Tageszeitung, cela laisse mal présager de la succession de Kofi Annan. L’une des forces de l’ancien secrétaire, en plus de sa capacité à imposer ses vues quand la situation le demandait, était d’agir conformément à ses principes. C’est là-dessus que repose une grande partie de la confiance accordée à l’Onu malgré ses faiblesses dans le domaine de l’organisation et les reproches qu’on a pu lui adresser ces dernières années. Un secrétaire général qui parlerait à tout va – et qui plus est sur un sujet aussi essentiel que la peine de mort – serait une perspective terrible.

  • Date 04.01.2007
  • Auteur Anne Le Touzé
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