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Afrique

Au moins quatre morts pendant les manifestations au Togo

La marche de l'opposition, interdite par le gouvernement, a donné lieu à de violents heurts avec les forces de l'ordre ce mercredi. Au moins quatre personnes sont mortes.

La marche de l'opposition avait été interdite. Mais les manifestants sont tout de même descendus dans les rues de la capitale togolaise ce mecredi. Mais dès les premières heures de la matinée, les points de départs des marches ont été occupés par des forces de l'ordre, déployées en en grand nombre. Des forces de l'ordre avec qui ont ensuite éclatées de violents heurts. Au moins quatre personnes ont été tuées par balle dans la capitale et à Sokodé selon le ministre de la Sécurité, Yark Damehame. "Trois personnes ont été tuées par balle à Sokodé", a-t-il affirmé dans un point presse. L'opposition fait elle état de deux morts, dont un enfant de 11 ans, dans la seule ville de Lomé.

 

Une journée de tensions

Des décès pas surprenants après le déroulement de la journée. Tôt ce mecredi, on notait la présence de la police, de la gendarmerie et des personnes de l'armée. Mais le plus inquiétant pour la population était la présence de personnes en tenue civile, avec parfois des cagoules, à bord de pick up. Ils ont sillonné plusieurs quartiers, semant la terreur au sein de la population et aucun rassemblement n'était toléré.

Très vite, des jeunes se sont alors organisés dans certains quartiers, pour ériger des barricades, parfois en incendiant des pneus. "Aujourd'hui, c'est notre dernier rempart. Le peuple qui a tant souffert, il ne peut qu'être dans la rue", expliquaient certains.

"La rue va le faire partir"

Tous se disaient déterminés ce mercredi. "Nous n'avons pas les armes, nous n'avons pas les gaz, nous n'avons pas les voitures qui ramassent les gens, donc nous sommes sortis les mains nues pour dire ça suffit. La rue va le faire partir. », estimait un jeune homme. Face à lui, les forces de l'ordre faisait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Mais les manifestants s'organisaient pour revenir à la charge. "Ce n'est pas un pays de droit. Nous sommes des Togolais", s'énervait l'un d'eux.

Visant le président, les manifestants criaient et confiaient leur colère. "Présentement, où nous sommes en train de parler, il a envoyé les corps habillés pour tirer sur les enfants des autres", lançait un manifestant. "On en a marre de lui. On veut un changement, qu'il parte". Durant toute la matinée, une partie de Lomé ressemblait à une ville fantôme. La plupart des magasins sont restés fermés et plusieurs écoles se sont vidées.

 

Nouvelles manifestations prévues

Togo Oppositionsführer Jean-Pierre Fabre (DW/K. Gänsler)

L'opposition, avec ici son leader Jean Pierre Fabre, appelle à nouveau à manifester ce jeudi.

Cette journée de mercredi n'a pas découragé les manifestants. Les partisans de l'opposition se disent déterminés et entendent revenir dans les rues de la capitale dès ce jeudi. Ils réclament toujours une réforme de la Constitution, et notamment la limitation à deux du mandat présidentiel. Pour l'heure le texte prévu par le gouvernement permettrait au président Faure Gnassingbé, élu en 2005, de se représenter en 2020 et en 2025. 

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