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Archives Afrique

Attaques à Kano : la deuxième ville du Nigeria sous le choc

La secte islamiste Boko Haram a revendiqué la série d'attaques qui a frappé plusieurs administrations publiques de Kano vendredi soir. Le bilan des victimes s'élève à plusieurs dizaines de morts.

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Le quartier général de la police est l'un des bâtiment qui a été visé par les terroristes

Un calme inquiétant régnait ce week-end sur Kano, deuxième ville du Nigeria avec ses neuf millions d'habitants. Dimanche, les autorités ont assoupli le couvre-feu imposé après les attaques terroristes, mais militaires et policiers continuent de patrouiller dans les rues désertes.

Plus de 100 morts

Devant l'hôpital Murtala, le correspondant de la Deutsche Welle rencontre samedi un jeune homme à la recherche de son frère. « Je n'ai jamais vu ça de toute ma vie. Dans le quartier de Rimi, les voitures de police circulent depuis 6h30 pour transporter les blessés ». Si la police a d'abord parlé de sept morts, le bilan des victimes n'a cessé d'augmenter depuis pour atteindre 178 morts dimanche midi.

A rescue worker inspects the burnt-out wreckage of cars and motorcycles destroyed by multiple explosions and armed assailants in the Marhaba area of the northern Nigerian city of Kano, on January 21, 2012. Coordinated bomb attacks on January 20 targeting security forces and gun battles have killed at least 121 people in Nigeria's second-largest city of Kano, with bodies littering the streets. AFP PHOTO / AMINU ABUBAKAR +++(c) dpa - Bildfunk+++

Une vingtaine d'explosions ont été entendue vendredi soir. Huit sites ont été touchés.

Il était environ 17h, vendredi, lorsque plusieurs explosions ont retenti dans la métropole du nord du Nigeria. Faruk Dalhatu, directeur de la radio "Freedom Radio", partenaire de la Deutsche Welle, venait d'arriver chez lui : « J'ai entendu la première explosion et peu après on m'a appris que la direction régionale de la police avait été touchée ».

Huit administrations ciblées

Frank Roger, directeur de l'Institut Goethe à Kano, n'était pas chez lui lorsqu'il a appris que la ville avait été attaquée. « Je suis tout de suite monté dans ma voiture pour rentrer à la maison. C'était le chaos total. Les gens essayaient aussi de quitter à pied les lieux touchés par les attaques. Mais  tout le monde a fait preuve d'une grande solidarité ». Frank Roger a ensuite lui-même entendu une explosion : « elle était tellement forte que les voitures ont vacillé, malgré la distance ». Plus tard, la police a annoncé que huit établissements publics avaient été visés. Parmi eux, le quartier général de la police et des services de l'immigration.

Nigeria Kano Bombenanschlag

Il s'agit des attaques les plus meurtrières jamais revendiquées par la secte islamiste Boko Haram

Boko Haram revendique les attaques

Dès vendredi soir, un porte-parole de la secte islamiste a revendiqué les attaques par téléphone. Il a expliqué que le groupe avait agi en représailles après le refus du gouvernement de libérer plusieurs de ses membres actuellement emprisonnés. Kano, deuxième ville la plus peuplée du Nigeria, est aussi son centre historique. Jusqu'ici, elle n'avait été victime que sporadiquement d'attaques terroristes, contrairement aux Etats de Yobe et de Borno, situés à plusieurs centaines de kilomètres à l'est de Kano. C'est dans ces régions que la secte islamiste - dont le nom signifie "l'éducation à l'occidentale est un péché" - a vu le jour, il y a une dizaine d'années.

Condamnations internationales

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a condamné fermement les attaques et a estimé qu'elles constituaient « une menace importante pour la paix intérieure dans l'Etat multi-ethnique du Nigeria ». Il a appelé « tous les responsables politiques à défendre la liberté et la tolérance religieuses. L'Union européenne a quant à elle apporté son soutien « à la grande majorité de citoyens nigérians qui ont une longue tradition de tolérance religieuse et sociale ». Malgré ces condamnations, de nouvelles violences visant des chrétiens ont fait au moins neuf autres morts, dimanche, dans une ville du centre-nord du Nigeria.

Autor: Thomas Mösch, Konstanze von Kotze (avec Reuters, AFP, AP)
Edition : Abdel Aziz Diop

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