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Elections en Allemagne

Asfa-Wossen Asserate : Si l’Allemagne veut vraiment aider l’Afrique …

… Alors elle a de nombreuses options pour le faire ! Mais elle doit surtout revoir certains concepts qui ont prévalu jusqu’ici, estime le petit neveu du dernier empereur éthiopien.

À moins d'une semaine des élections allemandes, la Deutsche Welle reçoit des invités pour échanger sur la politique africaine de l'Allemagne. Rencontre avec le prince Asfa-Wossen Asserate. Il est membre de l’ancienne cour impériale de l’Ethiopie (du temps de Haïlé Sélassié), vit en Allemagne depuis plus de 40 ans et est aujourd'hui consultant en affaires et spécialiste de l'Afrique et du Moyen-Orient. Il livre sa vision des choses. 

 

D’une part l’Allemagne devrait rester une terre d’hospitalité et d’autre part elle doit combattre les causes des migrations. En effet, les plus grands exportateurs de migrants de ce monde sont les despotes africains qui ne donnent à leurs concitoyens, aucune possibilité de vivre dignement dans leur propre pays. Et depuis 50 ans, dans un souci de stabilité, l’Occident entretient des dictateurs à coups de milliards de francs prélevés sur les impôts payés par les Européens.

Il n’y a pas d’avenir pour l’Afrique, si l’Europe n’abandonne pas sa politique commerciale destructrice. Elle doit enfin cesser de faire subir aux pays en développement les conséquences néfastes de ses subventions agricoles. Et elle doit aussi contribuer à ce que des mesures efficaces soient prises au niveau international contre l’accaparement des terres agricoles, car cela prive les plus pauvres de leur terres les plus précieuses. L’Afrique a besoin d’un large soutien pour son agriculture paysanne et il faut dans le même temps cesser certaines importations qui créent un véritable dumping social et privent de ressources les producteurs du continent.

 

Les démons de l’avidité provoquent la misère

Il faut tout d’abord soutenir les femmes ! Elles détiennent la clé de l’avenir du continent. Si l’Afrique veut régler le problème posé par sa croissance démographique, elle doit se baser sur les femmes.

L’urbanisation, l’importation de concepts juridiques et économiques, les nouveaux médias, les changements dans la pyramide des âges. tout cela a conduit à des bouleversements dramatiques dans le système des valeurs sociétales. Aujourd’hui, on observe souvent un mélange de valeurs anciennes et nouvelles qui se renouvellent indéfiniment. Le bien-être et le pouvoir se présentent parfois comme étant le facteur sous-jacent de tout ce qui se fait dans l’Afrique d’aujourd’hui.

En plus, les relations sociales, familiales, mais aussi administratives sont de plus en plus basées sur le pouvoir de l’argent. Mais le problème dépasse le cadre de l’Afrique. Le démon de l’avidité envahit tous les compartiments de notre monde globalisé. Le capitalisme, dans sa forme actuelle, n’est ni juste, ni durable.

Voilà pourquoi notre plus grand devoir en ce 21ème siècle est de mettre plus d’humanité dans les lois du marché. Même les meilleures intentions peuvent avoir des effets mortels : les aides alimentaires gratuites de l’Occident détruisent par exemple le marché agricole africain. Trop souvent, l’argent dédié à l’aide au développement n’atteint pas directement ceux à qui il est destiné surtout quand il est versé en tant qu’apport direct au budget. Lorsque l’argent atterrit dans les mains des cleptocrates, il devient un moyen de conservation du pouvoir et alimente la chaîne de corruption.

 

L’aide au développement doit motiver des initiatives individuelles

Il n’y a pas que les économistes occidentaux comme William Easterly de l’université de New-York ou le prix nobel d’économie écossais Angus Deaton qui estiment que les concepts d’aide au développement actuels vont dans le mauvais sens. Ce qu’il nous faut d’urgence c’est une véritable “chambre des Comptes de l’aide au développement”. Un système tel qu’il en existe en Allemagne où, chaque année l’administration contrôle comment est utilisé l’impôt des citoyens. Car l’aide au développement n’est productive que si elle soutient les initiatives privées.

L’Afrique a besoin d’une aide pour son développement qui soit durable et, une fois encore, qui repose sur les initiatives privées. Car une chose est certaine : personne de l'extérieur - ni d'Amérique, ni d'Europe et ni de Chine – ne pourra “sauver” l'Afrique. Cela ne peut être fait que par l'Afrique elle-même, si ses habitants gagnent confiance en eux-même. Seulement à ce moment pourra s’arrêter la fuite des cerveaux . Les Africains doivent prendre leur propre destin en main. L'Europe peut et devrait les aider afin que ce continent meurtri devienne un continent d’avenir.

 

Le prince Asfa-Wossen Asserate est aussi auteur de best-sellers et analyste politique. En plus de nombreux prix littéraires et récompenses, il a reçu l’ordre du mérite de la République fédérale d'Allemagne en 2016.

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