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Afrique

Arusha, un accord de paix vulnérable

Après des années de guerre civile, l'accord d'Arusha a permis d'apaiser les violences ethniques en inscrivant le partage du pouvoir entre les deux principales ethnies du pays, hutu et tutsi.

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Nelson Mandela ancien président sud-africain et Pierre Buyoya, président du Burundi au moment de la signature de l'accord d'Arusha

Signé le 28 août 2000, sous l'égide de Nelson Mandela, ancien président sud-africain, l'accord d'Arusha est avant tout synonyme de paix et de stabilité. C'est à ce titre qu'il est à la fois remarquable et vulnérable, explique Philip Reyntjens, professeur à l'Institut de politique et de gestion du développement à l'Université d'Anvers. Selon lui, l'accord d'Arusha et la Constitution de 2005 sont deux textes qui ont réussi à gérer un contentieux ethnique, extrêmemnt couteux en vies humaines au Burundi. Aujourd'hui, "le problème du Burundi n'est plus ethnique, il est politique. Dans le clivage actuel il y a des hutus et des tutsis d'un côté et des hutus et des tutsis de l'autre. Je crois que, surtout à la lumière de l'histoire extrêmement violente de ce pays, l'accord d'Arusha a été un succès tout à fait remarquable d'ingénierie de l'unité nationale."

Une unité fragile

A l'époque de sa signature, le CNDD-FDD qui est actuellement au pouvoir n'avait pas été impliqué dans les négociations et a toujours été très critique du texte même s'il a fini par y adhérer formellement en 2003.

Sous l'égide du médiateur Benjamin Mkapa, le Burundi a tenté de relancer les discussions sur l'accord en mai. Sans résultat pour le moment

Sous l'égide du médiateur Benjamin Mkapa, le Burundi a tenté de relancer les discussions sur l'accord en mai. Sans résultat pour le moment

En 2014, Pierre Nkurunziza, devenu entre temps président, tente de modifier la Constitution pour que toute référence à l'accord d'Arusha soit supprimée autrement dit que l'équilibre des pouvoirs soit modifié en faveur de son parti. L'Assemblée nationale s'y oppose. Enfin, la semaine dernière, c'est la Commission Nationale de Dialogue Inter-burundais qui tente de s'y attaquer. Sylvestre Ntibantunganya, président du Burundi entre 1994 et 1996 s'en inquiète : "Cet accord est menacé. Quand on voit déjà certaines dispositions qui sont proposées pour modification notamment par cette Commission Nationale pour le Dialogue Inter-burundais mise en place par le pouvoir en place. Nous espérons que la sagesse prévaudra"

La sagesse dans un pays en crise. Une équation souvent difficile à tenir malgré les sanctions internationale qui pèsent sur les Burundais. Mais selon des observateurs, c'est peut-être justement la pression sociale exercée par ces sanctions qui finira par débloquer la situation.

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