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Vu d'Allemagne

Angela Merkel, ambassadrice de l'Occident au Proche-Orient?

Angela Merkel était hier au Proche-Orient. Lors de sa rencontre avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, la chancelière a évoqué les conditions nécessaires à un maintien de l’aide financière européenne : le Hamas doit renoncer à la violence et reconnaître le droit à l’existence d’Israël. Autrement dit : Angela Merkel a servi d’éclaireuse et la plupart des journaux allemands salue ce nouveau rôle.

Angela Merkel et Mahmoud Abbas

Angela Merkel et Mahmoud Abbas

Un gouvernement n’est vraiment légitime que lorsqu’il provient d’élections libres, écrit le journal. Voilà un principe occidental fondamental, qui prévaut au plus tard depuis la conférence de Yalta en février 1945. Principe que viennent de bousculer les Palestiniens, et maintenant les Européens sont obligés de constater que des élections libres ne conduisent pas forcément à la raison et que le mauvais candidat peut lui aussi être élu. Toutefois, l’occident n’a pas d’autre choix que de reconnaître cet état de fait, tout en rappelant aux nouveaux dirigeants leur responsabilité et le droit des peuples. Deux tâches dont la chancelière Angela Merkel s’est acquittée avec brio, affirme « die Welt ». Plus encore : en tant que première représentante européenne à se rendre au Proche-Orient après les élections, elle a fixé les règles du jeu dans l’attitude à adopter face au Hamas. Le tout de manière souveraine. Contrairement à son prédécesseur – Gerhard Schröder -qui avait plutôt tendance à éviter Israël, la chef du gouvernement, qui n’a encore aucune expérience en politique extérieure, s’est montrée prête à jouer un rôle dans la région.

Pour la « Frankfurter Rundschau », Angela Merkel a été l’ambassadrice des inquiétudes internationales. Lors de sa tournée au Proche-Orient, elle a fixé la ligne directrice que compte aussi suivre le Quartette : si les Palestiniens ne renoncent pas explicitement à la violence et s’il ne reconnaissent pas Israël, alors ils vont devoir renoncer à l’aide financière de l’ouest.

La « Frankfurter Allgemeine Zeitung » note que cette première visite au Proche-Orient n’avait rien à voir avec celles que la chancelière a rendues à Washington et à Moscou. Aussi bien en Israël que dans les territoires, la réalité a chassé la symbolique toujours présente dans ces lieux et en ce genre d’occasion : pour la première fois, madame Merkel a été confrontée à des questions existentielles. La victoire du Hamas et le programme nucléaire iranien, on a vu mieux comme compagnons de route, écrit la Faz.

L’Europe ne donnera pas un centime si le Hamas ne respecte pas les conditions fixées par Angela Merkel. Plausible, affirme la « Tageszeitung », mais politiquement peu raisonnable. Car la tentative d’isoler un gouvernement qui a été élu par une majorité des Palestiniens pourrait dans le pire des cas finir en un scénario éprouvé déjà par l’Algérie. Et le journal de rappeler que dans les années 90, la non reconnaissance de la victoire électorale des islamistes a conduit le pays 90 à une guerre civile sanglante, qui a coûté la vie à plus de 100 000 personnes. Les Européens ont tiré les leçons de ce désastre et ont appris à chercher le contact avec les islamistes. Certes, le Hamas figure toujours sur la liste européenne des organisations terroristes. Mais le soi disant boycott de l’Union européenne lui n’était qu’une farce qui a éclaté au grand jour au moment du tremblement de terre politique déclenché par la victoire du Hamas. Autrement dit : le Hamas ne peut pas être isolé politiquement. Il s’agit donc pour les Européens d’avoir une influence positive sur l’évolution de ce mouvement.

La "Süddeutsche Zeitung", elle, fait une analyse de l’islam politique : c’est avec des larmes de crocodiles, note le journa,l que les présidents, rois et autres émirs arabes se souviennent des décennies durant lesquels ils ont fait du destin palestinien leur affaire. Le scepticisme est de mise quand on voit que ces dirigeants arabes saluent avec tambours et trompettes la victoire des islamistes dans les territoires comme un nouveau jalon vers la démocratie. Car pour Hosni Moubarak, Abdallah de Jordanie, ou encore Bachar al assad, cette victoire est un cauchemar. Peu importe ce que le Hamas fera de cette victoire : avec le voix récoltées en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, l’islam politique a gagné du terrain. Cela, les despotes et les rois le savent. Et Ils savent surtout que leur propre légitimité est remise en question. Dans tous les pays arabes, ce sont désormais les islamistes qui déclenchent l’enthousiasme des foules. Reste l’espoir que les pragmatiques parmi les islamistes finissent par supplanter les idéologues.

  • Date 31.01.2006
  • Auteur Audrey Parmentier
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