Aller à l′école, toujours un privilège | Dossier spécial | DW | 20.06.2012
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Dossier spécial

Aller à l'école, toujours un privilège

L'accès à une éducation de qualité n'est pas un défi que dans le monde en développement. Dans les pays industrialisés, la hausse des inégalités inquiète. Le point sur les grands problèmes à affronter.

Savoir lire et écrire est un droit fondamental. Ce droit à l’éducation, comme on l’appelle, est d’ailleurs inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Depuis longtemps, de nombreux peuples souhaitent et encouragent son application. Pour Claudia Lohrensheit, spécialiste à l’Institut allemand des droits de l’Homme, l’État a le « devoir d’assurer un accès pour tous à l’éducation », indépendamment des origines, du sexe ou des critères économiques. Mais dans certaines régions du monde, comme en Asie du sud et du sud-est, ou bien en Afrique, aller à l’école n’est pas encore une évidence.

Un droit menacé également dans les pays industrialisés

Un droit menacé également dans les pays industrialisés

L’État, un acteur important

Si l’éducation n’est pas encore la panacée dans les pays en développement, on ne peut pas dire non plus que les pays industrialisés soient exemplaires. Souvent, l’État n’y assure plus son rôle en matière d’éducation. Ce sont alors les institutions privées et religieuses qui prennent le relais et qui imposent leurs critères d’accès à l’éducation. Selon Lutz Möller, membre de la Commission allemande pour l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), il faut que l’État créé de « bonnes structures publiques capables d’organiser une éducation accessible à tous ».

L'enseignement doit-il se plier aux lois du marché du travail ?

L'enseignement doit-il se plier aux lois du marché du travail ?

Or, actuellement c’est l’"employabilité" qui prime. C’est-à-dire la capacité de chacun à évoluer sur le marché du travail. Cette vision, très répandue du fait de la mondialisation, fait désormais de l’éducation un "instrument technique" selon Claudia Lohrenscheit de l’Institut allemand des droits de l’Homme.

Elle regrette que la conception actuelle de l’éducation laisse de côté l’"expression de la personnalité" et l’"affirmation de soi". La spécialiste des droits de l’Homme rappelle que, selon Paulo Freire, un pédagoge brésilien des années soixante-dix, lire et écrire doit servir à améliorer nos conditions de vie.

Assurer l’accès à une éducation de qualité

En 2000, les Nations unies ont organisé à Dakar, au Sénégal, un Forum mondial sur l’éducation. À cette occasion, les 164 pays présents se sont accordés sur six grands objectifs. Figure parmi eux notamment celui d’assurer aux enfants du monde entier une éducation de base. À l’heure actuelle, 70 millions d'enfants en âge d'aller à l'école n’en bénéficient toujours pas.

La formation des enseignants est un défi, surtout dans des pays à forte croissance démographique

La formation des enseignants est un défi, surtout dans des pays à forte croissance démographique

Dans un rapport de 2011, l’Unesco plaide également pour un enseignement de meilleure qualité, qui passe en outre par du matériel scolaire adéquat, des classes moins chargées et des personnels enseignants qualifiés. Même si des efforts restent à faire de ce côté, Lutz Möller de la Commission allemande pour l’Unesco, se félicite que de plus en plus de petites filles soient scolarisées aujourd'hui.

Apprendre tout au long de la vie

Toutes les nations ont pour mission d’assurer le vivre ensemble pacifique et sans discriminations de leurs peuples. Pour Lutz Möller, il faut à l’avenir mettre en avant l’éducation pour préserver l’envrionnement et les ressources naturelles qui s’amenuisent. Claudia Lohrenscheit, quant à elle, suggère de miser également sur l’éducation des adultes, qui peuvent apprendre toute leur vie : « Toute personne a le droit d’être éduquée et ce, pour pouvoir s’épanouir complètement et pour apprendre à respecter et à apprécier la valeur de ses droits et libertés. »