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Afrique

Alger et Tunis, alliés de raison

La chute du régime Ben Ali en Tunisie et la crise en Libye ont provoqué des tensions importantes entre Tunis et Alger. Mais les deux capitales affichent de nouveau leur bonne entente, sur fond de terrorisme au Sahel.

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Les présidents algérien et tunisien, Abdelaziz Bouteflika et Moncef Marzouki, en février 2012

En février 2011, le pouvoir vacille en Tunisie. Alger hésite. Quand Ben Ali tombe, le malaise est déjà installé entre les deux pays, la crise en Libye va accentuer le malentendu. Tunis ouvre ses bras aux rebelles, elle extrade l'ex-Premier ministre libyen et joue sur les nerfs des dirigeants algériens.

Mais rapidement, le scénario change. Salafistes, jihadistes… la Tunisie est plongée dans l'anarchie tout comme l’Algérie des années 1990. Naturellement, dit Ahmed Adimi, spécialiste de la Tunisie, cette dernière se tourne vers son grand voisin de l'ouest :

Ansar Dine Kämpfer in Mali

Des armes en provenance de Libye ont notamment profité aux groupes armés du Nord-Mali

« Je pense que pour la Tunisie, l’Algérie est plus qu'un simple allié, je crois que les relations algéro-tunisiennes sont les seules au Maghreb qui ne changent pas. À mon avis, le soutien de Tunis à la position algérienne est en relation avec la montée de l'extrémisme en Tunisie ; la Tunisie qui a tout intérêt à tirer les leçons de l'expérience algérienne en matière de lutte antiterroriste. »

Un nouveau front pour le terrorisme ?

La crainte du terrorisme s'installe du coté de Carthage. La crise au Mali est là pour infléchir les indécis du nouveau pouvoir. Défendre ses frontières passe par une coopération avec Alger, membre du Cemoc(Comité d’état-major opérationnel conjoint), le haut commandement du Sahel.

La Tunisie fait vite le calcul : la montée des groupes du Nord-Mali ne peut être stoppée que par l’Algérie.

« La Tunisie a ses propres soucis sécuritaires, liés à la radicalisation mais aussi à la prolifération en provenance de Libye, observe M'hend Berlout, chercheur à l'université d'Alger. Je crois que les Tunisiens, qui n’ont pas connu beaucoup d’actions terroristes depuis les années 1990, se sentaient immunisés par rapport à cette menace transnationale. J’estime que l’état d’instabilité politique dans ce pays, le manque de développement mais aussi les risques de prolifération d'armes vers le nord pourrait transformer la Tunisie en un nouveau micro-front du terrorisme dans cette région. »

Rapprochement ou plutôt simple calcul d’intérêt entre les deux pays ? On est loin de la lune de miel. Allié objectif pour résumé ; plus encore pour la Tunisie. Le pays est resté touristique en dépit de l'arrivé des islamistes au pouvoir. 20% de ses visiteurs viennent d’Algérie, une raison supplémentairement pour ne pas fâcher Alger.

L'Arbre à palabre

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